MAROC
22/01/2016 08h:55 CET | Actualisé 22/01/2016 17h:13 CET

Au Maroc, les femmes élues sont mieux formées que leurs collègues masculins

La plus faible moyenne de participation politique des femmes sévit dans les pays de la région MENA (Middle East and North Africa).
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La plus faible moyenne de participation politique des femmes sévit dans les pays de la région MENA (Middle East and North Africa).

POLITIQUE – C’est une donnée qui vient prendre le contre-pied d’un poncif récurrent dans le monde politique. Au Maroc, le niveau global d’éducation des élus est supérieur chez les femmes qu’auprès de leurs homologues masculins, selon une étude menée par un groupe de chercheurs de l’université Hassan II de Casablanca, relayée par Le Desk.

Ainsi, 67% d’entre elles ont un niveau d’étude "supérieur" contre 39% chez les hommes. De même, 25% des femmes à la tête de communes disposent d’un niveau d’étude "très moyen", contre 58% pour les hommes.

Pourtant, la participation des femmes à la vie politique marocaine demeure relativement faible, tout comme la plupart des pays de la région MENA (Middle East and North Africa), qui compte la plus faible moyenne de participation politique des femmes, alors même que le taux de présence des femmes dans les parlements des pays nordiques (Amériques) culmine en moyenne à 41.4%, selon l’Union parlementaire, organisation mondiale des parlements des États souverains.

"Le niveau d’éducation ou de compétence est loin d’être le principal frein à la présence des femmes dans la vie politique", défend Nouzha Skalli, députée PPS contactée par le HuffPost Maroc.

Et de préciser: "il s’agit de tout un ensemble de raisons pratiques et culturelles. Pratiques, car le fonctionnement de la vie politique est calqué sur mesure pour les hommes, notamment lorsque des réunions de travail sont organisées en soirée et qu’elles se terminent dans les cafés, alors que les femmes sont déjà rentrées chez elles, censées s’occuper des enfants. Culturelles, également, car beaucoup au Maroc considèrent que les femmes n’ont pas de rôle politique à jouer. Contrairement aux hommes, elles courent beaucoup moins après le pouvoir".

Un tournant lors des dernières élections

Lueur d’espoir pour les défenseurs de la cause féminine: avec 6.673 sièges remportés par les femmes lors des élections des conseils communaux – soit presque le double du nombre de sièges décrochés lors du scrutin de 2009, selon l'Intérieur –, les élections communales et régionales du 4 septembre 2015 dernier ont marqué toutefois un tournant vers le renforcement de la représentation féminine dans la vie politique.

Les femmes ont ainsi représenté 21,94% de l'ensemble des candidatures au titre des élections communales et 38,64% au titre des élections régionales, toujours selon l’Intérieur.

Autre bonne nouvelle: depuis l'amendement, le 17 juin dernier, de la loi organique sur l'élection des membres des conseils des collectivités territoriales, les femmes se sont vues garantir 27% des sièges au niveau des communes.

La loi organique sur les régions, elle, leur accorde au moins un tiers des sièges des conseils des régions. Ces dispositions sont, toutefois, transitoires, et seront levées par le législateur dès que la parité sera effective, selon le Conseil constitutionnel.

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