TUNISIE
21/01/2016 12h:25 CET | Actualisé 21/01/2016 17h:31 CET

Tunisie: Manifestations à Kasserine, Fériana, Siliana, Sidi Bouzid, Jendouba, Gafsa, Kébili...

Protesters face police forces in the city of Ennour, near Kasserine, Tunisia, Wednesday, Jan. 20, 2016. Tunisia has declared a curfew in the western city after clashes between police and more than 1,000 young protesters demonstrating for jobs. Tensions have risen in Kasserine since Sunday when an unemployed youth killed himself by scaling an electricity transmission tower to protest his rejection for a government job. (AP Photo/Moncef Tajouri)
ASSOCIATED PRESS
Protesters face police forces in the city of Ennour, near Kasserine, Tunisia, Wednesday, Jan. 20, 2016. Tunisia has declared a curfew in the western city after clashes between police and more than 1,000 young protesters demonstrating for jobs. Tensions have risen in Kasserine since Sunday when an unemployed youth killed himself by scaling an electricity transmission tower to protest his rejection for a government job. (AP Photo/Moncef Tajouri)

La contestation contre le chômage et l'exclusion sociale, partie de Kasserine (centre), a gagné jeudi plusieurs autres villes de Tunisie, cinq ans après la révolution largement motivée par ces fléaux.

Des mouvements de protestation -parfois marqués par des accrochages avec la police- ont de nouveau eu lieu jeudi et gagné de nouvelles villes, rappelant les manifestations qui avaient emporté le régime du dictateur Zine El Abidine Ben Ali fin 2010-début 2011.

En soirée, des incidents ont également été rapportés par des médias dans plusieurs localités et quartiers du Grand Tunis.

'Marre des promesses'

A Kasserine, dans le centre défavorisé du pays, la police a comme la veille fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui bloquaient des routes et jetaient des pierres, selon une journaliste de l'AFP.

C'est dans cette ville que les troubles ont commencé après le décès samedi d'un chômeur de 28 ans, Ridha Yahyaoui, électrocuté après être monté sur un poteau. Le jeune homme protestait avec d'autres contre son retrait d'une liste d'embauches dans la fonction publique.

"Nous en avons assez des promesses et de la marginalisation. Nous avons fait la révolution et nous ne nous tairons plus", a dit à l'AFP une manifestante de Kasserine, Marwa Zorgui, reflétant le sentiment d'exclusion et de ras-le-bol de nombreux habitants de la région.

Une source à l'hôpital régional de Kasserine a fait état de 240 blessés parmi les civils et de 74 policiers depuis le début des troubles.

Un responsable sécuritaire a affirmé à l'AFP que les forces de l'ordre avaient reçu pour instruction d'observer "le plus haut degré de retenue", pour éviter toute escalade. Dans un communiqué, le gouvernement a lui "mis en garde contre le danger des infiltrations dans les protestations pacifiques" pouvant mener à "la violence, et au vandalisme".

La veille, un policier est mort durant la dispersion d'une manifestation à Feriana, à une trentaine de km de Kasserine, selon le ministère de l'Intérieur. Une source de sécurité a affirmé à l'AFP que le véhicule du policier s'était renversé lors de la dispersion du cortège.

Jeudi matin, plus d'un millier de personnes, souvent jeunes, s'étaient rassemblées devant le gouvernorat à Kasserine sous très forte présence sécuritaire pour obtenir des renseignements sur le recrutement de 5.000 chômeurs annoncé la veille en urgence par le gouvernement.

Remèdes 'sélectifs'?

Mais alors qu'elle visait à calmer la situation, cette annonce a créé des remous ailleurs, comme à Siliana (nord-ouest).

"La marginalisation, on n'y remédie pas de manière sélective parce que Kasserine a protesté et pas Siliana", a lancé l'élu Salah Bargaoui en marge d'un rassemblement pour réclamer des emplois devant le siège du gouvernorat.

A Sidi Bouzid, d'où était partie la révolution de 2011, plusieurs routes ont été coupées par des pneus en flammes et des manifestants, pour la plupart très jeunes, ont jeté des pierres sur la police, qui a répliqué par du gaz lacrymogène, selon un correspondant de l'AFP.

Le centre-ville, où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s'était immolé par le feu en décembre 2010, déclenchant alors le soulèvement, a été bouclé.

Des manifestations ont aussi eu lieu à Jendouba, Gafsa ou encore Kébili, ont rapporté des médias locaux.

Le chômage en Tunisie dépasse 15% au niveau national et atteint le double chez les diplômés. Ces taux sont encore supérieurs à l'intérieur du pays.

En 2015, la croissance devrait être inférieure à 1%, notamment plombée par la crise du secteur touristique. Le gouvernement a récemment été remanié, après une première année jugée décevante.

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