TUNISIE
20/01/2016 19h:25 CET | Actualisé 20/01/2016 19h:34 CET

"Servitude domestique", trafic d'êtres humains: Un fléau "méconnu" en Tunisie

Getty Images/iStockphoto

Le trafic d'êtres humains, avec 2,5 millions de victimes par an dans le monde, est un fléau "considérable" mais "encore trop méconnu", ont souligné mercredi des participants à un colloque international en Tunisie, où un projet de loi est en discussion.

L'Organisation internationale des migrations (OIM), une instance onusienne, définit la "traite de personnes" comme "le recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes par la menace ou le recours à la force ou d'autres formes de contrainte".

Ce trafic, l'un des plus répandus au monde après ceux des drogues et des armes, prend des formes multiples comme la mendicité forcée, l'esclavage domestique, le travail forcé et l'exploitation sexuelle, ont souligné des responsables en ouverture du colloque à Gammarth.

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"L'ampleur du phénomène est considérable" mais ce fléau "est encore trop méconnu", a déploré le chef de bureau du Conseil de l'Europe, William Massolin, signalant qu'il touchait "pratiquement tous les pays".

La lutte contre ces trafics est au coeur de la crise actuelle des migrants en Europe: l'an dernier, l'OIM avait prévenu qu'un demi-million de personnes tenterait de traverser la Méditerranée si rien n'était fait pour lutter contre ceux qui les organisent.

En Tunisie, les cas de 57 victimes ont été étudiés depuis 2012 par l'OIM, a indiqué sa chef de mission, Lorena Lando. Il s'agit en majorité de femmes, originaires d'Afrique subsaharienne et notamment de Côte d'Ivoire, a-t-elle ajouté.

Selon elle, 48 ont fait l'objet de "servitude domestique". Dans deux cas, il s'agissait "d'exploitation sexuelle". Cinq avaient moins de 18 ans.

Le ministre tunisien de la Justice, Amor Mansour, a noté qu'un projet de loi relatif à l'interdiction de la traite des personnes était à l'étude au Parlement.

"Cette conférence internationale est une occasion de sensibiliser (...) dans l'optique d'une adoption de ce projet de loi dans les plus brefs délais", a-t-il avancé.

Le texte rend le trafic de personnes punissable de peines allant de six à 20 ans de prison. En cas de décès, il prévoit la réclusion à perpétuité.

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