MAROC
21/01/2016 07h:06 CET | Actualisé 21/01/2016 07h:12 CET

La CGEM proposera une loi sur le droit de grève. Façon de mettre la pression au gouvernement?

La CGEM proposera une loi sur le droit de grève. Façon de mettre la pression au gouvernement?
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La CGEM proposera une loi sur le droit de grève. Façon de mettre la pression au gouvernement?

PRESSION - Neila Tazi, 5e vice-présidente de la Chambre des conseillers et membre du groupe parlementaire de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a affirmé au HuffPost Maroc que le groupe parlementaire de la confédération s’apprêtait à déposer, incessamment, une proposition de loi organique relative au droit de grève. Il ne s'agira pas de la proposition de loi précédemment élaborée par la CGEM, et publiée sur son site, mais d'une nouvelle version.

Du coté du gouvernement, on attend un climat plus propice au dialogue. Si le ministre du travail Abdeslam Seddiki nous a confié qu'un projet de loi organique devrait être proposé "et adopté cette année", il reconnaît qu'il y a, aujourd'hui, "une crispation avec les syndicats", mais reste optimiste quant à la possibilité de "discuter bientôt de la loi sur la grève" avec les partenaires sociaux.

"Rajouter un conflit à un autre"

Ali Lotfi, secrétaire général de l'Organisation démocratique du travail (ODT), estime qu'il est peu probable que le projet de loi organique sur le droit de grève soit débattu dans les prochains jours.

"Les rapports entre les syndicats et le gouvernement ne traversent pas leur meilleure période. Déjà qu'il y a un conflit entre syndicats et gouvernement quant à la réforme des retraites, il me semble peu probable que l’exécutif lance le dialogue sur le droit de grève dans le contexte présent, ce qui reviendrait à rajouter un conflit à un autre", explique-t-il, à moins que, rajoute Lotfi, le gouvernement soit prêt à "entrer dans une bataille très féroce".

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En attendant le projet de loi gouvernemental, la proposition de loi qui sera déposée par la CGEM a-t-elle des chances d’être adoptée? Rien n'est moins sûr, et ni le gouvernement, ni les syndicats ne semblent prêts à accepter le texte élaboré par la CGEM.

Relancer le dialogue

A supposer qu'elle soit déposée et étudiée bientôt par les conseillers, les syndicalistes pourront s'y opposer à la Chambre des conseillers, et le gouvernement peut mobiliser sa majorité à la Chambre des représentants pour faire contrepoids, ou trouver une parade - constitutionnelle, notamment - pour rejeter la loi.

D'où, peut-être, l'utilité de la prise d'initiative de patronat marocain, qui, en même temps qu'elle entérine son avis et ses recommandations pour l'encadrement du droit de grève, oblige le gouvernement à passer à l'action, et (re)lancer le dialogue sur le droit de grève.

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