MAROC
21/01/2016 11h:33 CET

Maroc: La Cour des comptes passe au peigne fin les finances des partis politiques

La Cour des comptes passe au peigne fin les finances des partis politiques
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La Cour des comptes passe au peigne fin les finances des partis politiques

DENIERS PUBLICS - La Cour des comptes a rendu public mercredi 20 janvier un rapport sur le financement des partis politiques. On apprend que certains partis politiques dépendent, entièrement ou presque, des aides de l'Etat, et que le Parti Justice et développement (PJD), qui bénéficie de la plus grande partie des aides publiques, est aussi celui qui dépense le plus.

Les ressources des partis politiques en augmentation

En 2014, l'Etat a accordé aux partis politiques "64.04 millions de dirhams contre un montant de 67.57 millions de dirhams octroyé en 2013", selon la Cour des comptes, qui précise que "ce montant est réparti entre 59.52 millions de dirhams au titre de la contribution de l’Etat à la couverture des frais de gestion en 2014, contre 60.48 millions de dirhams en 2013, et 4.52 millions de dirhams au titre de la contribution de l’Etat à la couverture des frais d’organisation des congrès nationaux ordinaires en 2014, contre un montant de 7.09 millions de dirhams accordé en 2013."

Si l'aide publique aux partis a baissé entre 2013 et 2014, "les formations politiques ont également bénéficié d'autres ressources, s’élevant à un montant de 27.84 MDH en 2014" contre 21.41 millions de dirhams en 2013. Ces dernières ressources sont principalement des cotisations et des contributions de leurs membres.

Au total, "les ressources des partis politiques ont enregistré une augmentation de 3.25%, passant de 88.99 millions de dirhams en 2013 à 91.88 millions de Dirhams en 2014." Il ressort, du précédent, que l'Etat reste le principal pourvoyeur des partis.

Le montant du soutien public accordé aux partis politiques représente un taux de 69.70%, rappelle la Cour des comptes. Quant aux cotisations et aux contributions, elles plafonnent à un taux de 19.02% du total de leurs ressources.

Le PJD se taille la part du lien des aides publiques

En 2014, le Parti de la Justice et du développement (PJD) a, à lui seul, raflé 24.77% du total du soutien public, suivi par le parti de l'Istiqlal (PI), qui a bénéficié de 12.76% du total des aides accorées aux partis, puis de l'Union constitutionnelle (UC) (10.24%). Le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en quatrième position, en se taillant 9.33% du total des ressources du soutien public.

Des petits partis sont exclusivement financés par l'Etat…

Le financement de 13 partis politiques est assuré exclusivement par l'Etat. Il s’agit de petites formations politiques dont certaines ont, entre temps, fusionné dans la Fédération de la gauche démocratique (FGD). Parmi elles, le Front des forces démocratiques, le Mouvement démocratique et social, le parti Al Ahd Addimoqrati, le parti Marocain libéral, le parti de la Gauche verte marocain ou encore le parti de l’Unité et de la démocratie.

...Et même des grands partis en dépendent beaucoup

L'Union socialiste des forces populaires (USFP), elle, dépend à hauteur de 89% des aides publiques, le Rassemblement national des indépendants (RNI) à hauteur de 80.92%, le Parti du progrès et du socialisme à 74.86% et le PAM à 73.86%. Les partis ayant réalisé le taux d'autofinancement le plus élevé sont l'Union constitutionnelle (63,75%) et le Parti de la justice et du développement (44,69%).

Le PJD, parti le plus dépensier

Le parti le plus dépensier reste de loin le PJD avec des dépenses s'élevant à 22,392 millions de dirhams en 2014, suivi par l'Istiqlal, qui a dépensé 20,647 millions de dirhams, le MP (12.78 millions) et enfin le RNI (8,88 millions). Alors que le PAM figurait en cinquième position des partis qui ont le plus dépensé en 2013 (9,210 millions), il n’apparaît pas dans la liste de 2014. Oubli?

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