MAROC
20/01/2016 07h:48 CET

Attentats de Paris: Les confidences du patron du "FBI" marocain

Attentats de Paris: Les confidences du patron du "FBI" marocain
Attentats de Paris: Les confidences du patron du "FBI" marocain

TERRORISME – Deux mois après les attentats de Paris, le directeur du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ) sort du silence. Dans un entretien accordé mardi au Figaro, Abdelhak Khiame a mis en avant le rôle joué par les services marocains dans la lutte contre le terrorisme, "notre ennemi commun".

Concernant les attentats du 13 novembre, "nous avons communiqué à temps des informations à nos homologues français car nous jugions ces renseignements très opérationnels sur certains auteurs desdits attentats", a confié M. Khiame au quotidien français, précisant que "l'une de ces informations a permis de remonter jusqu'au logement d'Abdelhamid Abaaoud, la plaque tournante des attaques".

Il a également indiqué que la coopération avec les services occidentaux est "aussi excellente qu'ancienne" car le terrorisme "n'a pas de nationalité, ni de frontières. Il est l'ennemi de tous".

Parmi les renseignements fournis par le Maroc, certains ont permis, entre autres, la destruction par l’aviation américaine de camps d'entraînement comme celui de Khalden en Afghanistan en 2011, la détection de projets terroristes ayant visé des sites sensibles dans certains pays européens tels la basilique de Bologne ou le siège d'un service de police à Paris, ou encore la saisie de lots d'armes en France et en Belgique.

Aujourd'hui, "la question qu'il faut se poser est pourquoi quelqu'un qui tient un bar à Molenbeek et trafique dans la drogue se radicalise-t-il du jour au lendemain et tue à Paris. Est-ce lié uniquement au conflit syrien? Il est nécessaire de réfléchir aux causes de la radicalisation", estime M. Khiame.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, Hassane Saoudi, expert sur les questions de sécurité interrogé par le HuffPost Maroc, avait indiqué que "nos services ont été très présents et même décisifs dans l’assaut à Saint-Denis et les récentes arrestations à Molenbeek (…) le Maroc a joué un rôle primordial (dans sa coopération avec les renseignements français, ndlr). C’est un cas d’école pour montrer que la coopération régionale et internationale est une nécessité absolue".

Selon un récent rapport du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, les services de renseignement marocains sont classés "plus puissante organisation de renseignement" de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient).

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