TUNISIE
19/01/2016 11h:48 CET | Actualisé 19/01/2016 18h:04 CET

Kasserine: Couvre-feu décrété et au moins 14 blessés après la dispersion des manifestants par la police

Mourners carry the coffin wrapped by the Tunisian flag of one of the four national guards killed in an ambush during a funeral procession in Kasserine, Tunisia, Wednesday, Feb. 18, 2015. Radical militants killed four members of the National Guard in the mountainous Kasserine region near the Algerian border, Tunisia's Interior Ministry said early Wednesday. The brief statement blamed "terrorists" for the attack but gave no other details. Local radio added that the attack took place around midnigh
ASSOCIATED PRESS
Mourners carry the coffin wrapped by the Tunisian flag of one of the four national guards killed in an ambush during a funeral procession in Kasserine, Tunisia, Wednesday, Feb. 18, 2015. Radical militants killed four members of the National Guard in the mountainous Kasserine region near the Algerian border, Tunisia's Interior Ministry said early Wednesday. The brief statement blamed "terrorists" for the attack but gave no other details. Local radio added that the attack took place around midnigh

Des centaines de manifestants réclamant des emplois ont été dispersés par la police tunisienne avec du gaz lacrymogène à Kasserine, quelques jours après le décès d'un jeune chômeur dans cette région défavorisée du pays. Le ministère de l'Intérieur a décrété le couvre-feu suite à ces affrontements qui ont fait au moins 14 blessés.

Près de 500 personnes, selon un correspondant de l'AFP - un millier d'après un responsable du ministère de l'Intérieur -, se sont rassemblées devant le siège du gouvernorat en scandant "Le travail est un droit".

"Certains ont lancé des pierres, d'autres sont montés sur le toit du gouvernorat. La police les a dispersés avec du gaz lacrymogène", a indiqué le responsable du ministère.

Police et armée se sont déployées devant le siège du gouvernorat, a précisé le correspondant de l'AFP. 14 blessés sont arrivés à l'hôpital régional de Kasserine, à la suite de cet affrontement avec la police, a affirmé le gouverneur de Kasserine, Chedly Bouallègue, qui a précisé que ce sont toutes des "blessures légères".

La situation était "stable" en milieu de journée, selon le responsable du ministère, mais des habitants ont coupé l'une des principales rues de la ville avec des pneus en feu, d'après le correspondant de l'AFP.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé en fin d'après-midi qu'un couvre-feu avait été imposé à "Kasserine de 18H00 à 05H00 à compter du 19 janvier". La mesure était respectée en centre-ville dans la soirée, d'après le correspondant de l'AFP. De source sécuritaire, des incidents étaient en revanche signalés à Thala, à 50 km au nord de Kasserine, où des manifestants ont brûlé des pneus en signe de soutien.

بلاغ تُعلم وزارة الداخلية أنّه تقرّر فرض حظر التّجوّل بمدينة القصرين وذلك بداية من السّاعة السّادسة مساء إلى غاية السّاعة الخامسة صباحا بداية من تاريخ اليوم 19 جانفي 2016.

Posté par Ministère de l'Intérieur - Tunisie sur mardi 19 janvier 2016

Une vidéo de la chaîne TNN montre des affrontements entre manifestants et police.

مواجهات بين الأمن ومعطلين عن العمل يطالبون بالتشغيل في القصرينعمل صحفي : محمد زروقي مونتاج: نادر بوفايد

Posté par ‎TNN | Tunisia News Network | شبكة تونس الإخبارية (Official)‎ sur mardi 19 janvier 2016

L'Assemblée des représentant du peuple (ARP) a annoncé mardi qu'elle va convoquer le premier ministre, Habib Essid, en séance plénière pour une "réunion urgente" portant sur l'emploi et la lutte contre le chômage. L'ARP a également décidé l'envoi à Kasserine d'une délégation présidée par Mohammed Ennaceur (président de l'Assemblée) et l'élaboration d'un rapport qui sera exposé à la prochaine séance plénière.

La situation à Kasserine est tendue depuis le décès samedi d'un chômeur de 28 ans, Ridha Yahyaoui, qui s'était électrocuté après être monté sur un poteau près du siège du gouvernorat pour protester contre son retrait d'une liste d'embauches dans la fonction publique.

Plusieurs dizaines d'habitants avaient exprimé dimanche leur colère en brûlant des pneus dans la ville. Lundi, 150 à 200 personnes ont également protesté sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis, en brandissant des portraits du jeune homme.

Un haut responsable du gouvernorat de Kasserine a été limogé à la suite de ce décès et la présidence du gouvernement a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Kasserine, l'une des régions les plus pauvres de Tunisie, a plusieurs fois connu depuis la révolution de 2011 des mouvements de protestation dégénérant parfois en affrontements violents avec la police sur fond de misère et de chômage.

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