MAROC
19/01/2016 13h:15 CET | Actualisé 19/01/2016 13h:17 CET

Les relations bilatérales entre le Maroc et la Suède s'affichent (enfin) au beau fixe

Les relations Maroc-Suède de nouveau sur les rails
Les relations Maroc-Suède de nouveau sur les rails

DIPLOMATIE - C’est désormais officiel. "Le Maroc et la Suède sont engagés à relancer leurs relations sur de bonnes bases", a affirmé ce mardi le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi El Alami, lors d’une visite de travail de deux jours à Stockholm.

Un déplacement qui intervient quelques jours après la décision des autorités suédoises de ne pas reconnaître la République arabe sahraouie démocratique (RASD), réaffirmant leur "position constante" de soutien au processus de négociations en cours sous l'égide des Nations unies.

Les ministres suédois de l'Intérieur et de la Justice ainsi que le secrétaire d'Etat en charge du Commerce et de l'innovation ont par ailleurs réitéré "l'engagement inconditionnel du gouvernement et de l'Etat suédois en faveur de la relance des relations avec le Maroc".

Interrogée par le HuffPost Maroc, la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib, avait estimé la semaine dernière que la visite d'une délégation de partis marocains de gauche début octobre à Stockholm avait permis d'appuyer la décision de la Suède en faveur des intérêts marocains, de même que "la vague migratoire et les risques terroristes" qui sont "autant de facteurs qui ont concouru à la prise de cette décision par la Suède, qui, dans ce sens, souhaite préserver ses intérêts, et ne pas contribuer à la création de problèmes dans la région".

Dans le communiqué du ministère suédois des Affaires étrangères, cité par Médias 24 et qui se base sur le rapport établi par Fredrik Floren, ambassadeur de Suède à Tunis, au sujet du Sahara, la Suède explique qu'elle "doit continuer à faire valoir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination" tout en admettant que "les critères pour la reconnaissance de la RASD ne sont pas réunis".

Profiter des "atouts" du royaume

Le président de la Chambre des représentants a également tenu à souligner mardi la volonté exprimée par la Suède de favoriser les relations économiques avec le royaume en mettant à profit les atouts du Maroc en tant que hub pour les investissements en Afrique.

Des rencontres avec les ministres de l'Intérieur, Anders Ygeman, de la Justice, Morgan Johansson, ainsi qu'avec le secrétaire d'Etat en charge du Commerce et de l'innovation, Oskar Stenstrom, étaient prévues lors de cette visite.

Enfin, sur des dossiers sensibles tels que celui de l’immigration, M. Talbi El Alami a indiqué avoir convenu avec ses interlocuteurs de la nécessité de réunir la commission mixte maroco-suédoise "le plus tôt possible".

Une proposition de loi à l’origine de la brouille

A l'origine de la brouille diplomatique entre les deux pays, le dépôt, début septembre par des députés du Parti social-démocrate suédois, d'une proposition de loi visant à reconnaître la RASD (autoproclamée par le Front Polisario).

Si face à la levée de boucliers la Suède a rappelé qu'elle "n’a pas reconnu le Sahara occidental comme un Etat" et a rassuré en indiquant qu'elle "ne le ferait pas", il n'en reste pas moins que pour se prémunir des risques d'une éventuelle reconnaissance de la RASD par la Suède, le Maroc considérait qu'il se devait d'agir.

Alors que la Suède renonce à reconnaître le Polisario, il est à supposer que les liens entre le Maroc et le royaume scandinave sont appelés à s'améliorer. Première victime collatérale de la crise, l'ouverture repoussée du premier magasin IKEA du royaume. Alors que le ciel des relations diplomatiques entre les deux pays semble se dégager, le géant du meuble en kit devrait bientôt ouvrir ses portes.

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