ALGÉRIE
19/01/2016 08h:44 CET | Actualisé 19/01/2016 08h:44 CET

Le financement chinois pour le port de Cherchell marque la fin du tabou de l'endettement extérieur

AFP

Le recours aux financements extérieurs avait déjà commencé à être évoqué sans complexe au cours des derniers mois par certains membres du gouvernement. C’est ainsi que le ministre du Commerce avait expliqué voici quelques semaines qu’il ne fallait plus "diaboliser l’endettement extérieur".

M. Bekhti Belaïb, avait annoncé, plus précisément la possibilité pour l'Algérie de contracter un prêt auprès de la Chine pour financer certains grands projets. Le ministre du commerce était cependant encore resté prudent en précisant qu'il s'agit d'une "exception" que compte faire l'Algérie "compte tenu des faibles taux d'intérêt appliqués par la Chine et de la qualité des relations entre les deux pays".

Un partenariat algéro-chinois pour le port de Hamdania

Il n’aura pas fallu attendre très longtemps pour que se confirme cette nouvelle orientation économique prônée par les autorités algériennes. Un communiqué officiel annonçait hier que Le Groupe public national des services portuaires et deux compagnies chinoises ont signé, dimanche dernier à Alger, un protocole d'accord portant sur la réalisation du projet du nouveau port commercial du Centre prévu sur le site d'El Hamdania à Cherchell.

Ce projet, dont le coût est estimé à 3,3 milliards de dollars, sera financé dans le cadre d'un crédit chinois à long terme, a fait savoir le directeur des ports au ministère des Transports, Mohamed Benboushaki. Une société mixte, établie selon la règle 51/49%, aura la charge de réaliser les travaux d'études, de construction, d'exploitation et de gestion de cette infrastructure portuaire, a également affirmé le ministre des Transports, Boudjema Talai, lors de la cérémonie de signature.

Les financements extérieurs au secours du budget d’équipement

Cette évolution rapide de la doctrine algérienne en matière de financement des infrastructures économique trouve certainement son origine dans la situation des finances publiques nationales. Dans le but de minimiser un déficit budgétaire qui représentera quand même 12 % du PIB l’année prochaine , La loi de finance pour l’année 2016 devrait se traduire par une baisse des dépenses publiques de plus de 9%.

La plus grande part de cet effort de réduction des dépenses devrait être supporté par le budget d’équipement qui sera réduit de plus de 14 % l’année prochaine.

Le principal risque associé à cette démarche est de pénaliser la croissance économique qui au cours des dernières années a été tirée essentiellement par les commandes publiques. Et donc de courir le risque de voir le chômage augmenter de nouveau de façon très importante à l’image de la situation qu’a connu le pays après le contre -choc pétrolier de 1986.

Comment maintenir l’effort de réalisation des infrastructures économiques et sociales tout en diminuant les dépenses d’équipement de l’Etat ? La réponse est dans le recours à l’endettement interne et externe. Des solutions ont donc commencé à être explorer par les pouvoirs publics algériens.

La fin du "tabou" de l’endettement extérieur

Cette opération restera t’elle une "exception" ,comme le suggère pour l’instant les pouvoirs publics algériens, ou bien n’est elle que la première d’une longue série.

Pour résoudre l’équation devenue compliquée du financement des investissements publics . Il faudra selon un certain nombre de spécialistes, multiplier dans la période à venir les solutions en renonçant en chemin à un certains nombre de dogmes .Au premier rang d’entre eux figure l’interdiction de l’endettement extérieur.

Ainsi que le confiait récemment Adel Si Bouakaz à Maghreb émergent : "L’Algérie participe à un certain nombre de structures multilatérales comme la Banque africaine de développement ou la Banque mondiale, qui ne demandent qu’à pouvoir s’exposer un peu plus dans notre pays.

En outre de nombreux fonds d’investissements sont spécialisés dans le financement des infrastructures alors même que de nombreuses sociétés portuaires, aéroportuaires ou de gestion des autoroutes peuvent être très rentables comme le montre l’expérience des pays voisins".

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