TUNISIE
18/01/2016 12h:55 CET | Actualisé 19/01/2016 11h:53 CET

Tunisie: Indignation et colère à Kasserine après la mort de Ridha Yahyaoui

Tunisian protesters take to the streets in the southern town of Kasserine , Tunisia, and clash with riot police during a protest against a new tax on vehicles, Wednesday, Jan. 8, 2014. Protesters called the government the "assassin of our dreams," complaining that little has changed since the country's reviled leader was ousted in 2011. (AP Photo / Mouldi Kraiem)
ASSOCIATED PRESS
Tunisian protesters take to the streets in the southern town of Kasserine , Tunisia, and clash with riot police during a protest against a new tax on vehicles, Wednesday, Jan. 8, 2014. Protesters called the government the "assassin of our dreams," complaining that little has changed since the country's reviled leader was ousted in 2011. (AP Photo / Mouldi Kraiem)

Une manifestation dans les rues, des pneus brûlés et des confrontations avec les représentants de l'ordre ont traduit lundi l'indignation et la colère des jeunes de Kasserine après le décès du jeune diplômé chômeur, Ridha Yahyaoui 28 ans, samedi 16 janvier 2016 suite à une électrocution et une chute d'un poteau électrique.

Les circonstances de sa mort demeurent incertaines jusqu'à présent. Contacté par le HuffPost Tunisie, Salem Ayari, secrétaire général de l'Union des Diplômés Chômeurs, a nié que Ridha Yahyaoui se soit suicidé:

"Il a escaladé le poteau électrique pour faire un discours, a été électrocuté et a chuté", a-t-il affirmé.

Indignation et protestation

L'UDC et l'Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) ont appelé à une manifestation lundi 18 janvier, pour dénoncer la politique du gouvernement actuel et "l'absence de toute volonté politique d'un changement réel dans le traitement du dossier du chômage".

La même journée, entre 150 et 200 personnes ont manifesté sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis.

riadh yahyaoui

Un passé protestataire

Ridha Yahyaoui ainsi que 78 autres jeunes diplômés chômeurs, ont protesté à plusieurs reprises depuis la révolution devant la mairie, menant même à une intervention des députés de la région et des promesses d'embauche.

Selon Salem Ayari, "le jeune homme avait récemment découvert que son nom avait été retiré de la liste des dossiers qui devaient être remis au Premier ministère pour une régularisation de la situation". Selon une source à la préfecture de Kasserine citée par l'AFP, sept noms avaient été retirés de cette nouvelle liste, dont celui de la victime, sans en expliquer les raisons.

"Cette liste a été modifiée et trafiquée sans consultation du maire ni du député qui se chargeait du suivi de l'affaire", a pour sa part, confirmé Salem Ayari.

Suite à cet incident qui a remis à jour la question des jeunes chômeurs en Tunisie, le premier ministre Habib Essid, a limogé le premier délégué régional de Kasserine et ordonné l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de l'établissement de la liste des chômeurs du gouvernorat.

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