MAROC
18/01/2016 12h:58 CET | Actualisé 18/01/2016 13h:11 CET

Le Gabon rappelle son ambassadeur pour protester contre des propos de Valls chez Ruquier

DIPLOMATIE - C'est ce qui s'appelle un dommage collatéral. Pris dans un échange musclé avec l'humoriste Jérémy Ferrari, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est mis à dos les autorités du Gabon lors de son passage à "On n'est pas couché". Le premier a regretté la présence d'Ali Bongo, président gabonais, lors de la marché républicaine du 11 janvier consécutif aux attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper cacher.

Le premier ministre a d'abord répondu en se félicitant de la présence d'un autre représentant africain: le président malien Ibrahim Boubar Keïta. Mais relancé par Jérémy Ferrari, Manuel Valls a reconnu que non, Ali Bongo n'a pas été élu "comme on l'entend". Une référence à son élection en 2009, quand il a succédé à son père au cours d'un scrutin dont la sincérité a été dénoncée par ses opposants.

L'ambassadeur de France également convoqué

Problème, ces propos ont été entendus jusqu'à Libreville et provoqué la stupeur des autorités gabonaises. A la télévision locale, le ministre de l'Intérieur a évoqué sa surprise, pointant "les excellentes relations" qu'entretiennent la France et le Gabon. En dépit d'affaires politico-judiciaires qui brouillent parfois les relations, Ali Bongo a été plusieurs fois reçu par Nicolas Sarkozy puis François Hollande. Il était encore à l'Elysée en novembre avant la Cop 21.

En signe de réprobation, le Gabon a même décidé, selon RFI, de rappeler son ambassadeur pour consultation; il devrait également remettre une lettre à Matignon réclamant plus d'explications. Selon la presse locale, l'ambassadeur de France sur place a été convoqué au ministère gabonais des Affaires étrangères. Une double procédure diplomatique peu fréquente qui illustre la crispation

LIRE AUSSI:Gabon: Une réplique du mausolée Mohammed V pour abriter le corps du président Omar Bongo

Galerie photoCes Marocains à la conquête de l'Afrique Voyez les images