ALGÉRIE
18/01/2016 02h:44 CET | Actualisé 18/01/2016 04h:23 CET

Arrestation d'un collaborateur de Saeb Erakat, espion d'Israël au cœur de l'Autorité Palestinienne

Saeb Erakat (archibves)
Flickr-us islamic forum
Saeb Erakat (archibves)

Un collaborateur de Saeb Erekat, numéro 2 de l'Autorité palestinienne et ex-responsable de la cellule de négociation de l'Organisation de Libération de la Palestine a été arrêté début janvier pour espionnage au profit d'Israël, rapportent les médias palestiniens. Cette taupe présumée d’Israël travaille depuis 20 ans au secrétariat général de l’OLP.

L’affaire est très suivie par les médias et aussi par l’opinion palestinienne qui tient en piètre estime l’équipe des négociateurs palestiniens. Des responsables, anonymes et embarrassés, des services de sécurité palestiniens tentaient de minimiser l'impact d'une nouvelle qui ne peut qu'accentuer le discrédit qui frappe les "négociateurs" et l'Autorité Palestinienne."

Même s’ils reconnaissent que la taupe travaille depuis deux décennies dans le département en charge des négociations avec Israël, ces sources qui confirment l'arrestation survenue après une longue période de surveillance, parlent d'un "employé administratif" qui n'aurait pas accès aux dossiers politiques.

"Le suspect a reconnu les accusations, l'enquête se poursuit pour connaitre toute la vérité et évaluer ses impacts" a déclaré un responsable sécuritaire à Maanews. La même source a appelé les médias à traiter le sujet "avec responsabilité et professionnalisme" et d'éviter "l'exagération".

"Les services de sécurité palestiniens mais aussi les départements de la justice ainsi que le niveau politique "procèdent à une évaluation du préjudice" cause à la sécurité nationale palestinienne afin d'en informer au plus vite la justice et le public palestiniens ". Selon la législation palestinienne, les collaborateurs avec Israël, les meurtriers et les trafiquants de drogue encourent la peine de mort.

"Vive colère"

D’autres sources palestiniennes évitent, au contraire, de minimiser l’importance de l’affaire. Selon le journal électronique Raialyoum, le suspect a reconnu avoir transmis des "documents importants" à Israël ainsi que des "PV de réunions palestiniennes sur l'attitude à l'égard d'Israël, ainsi que les points de vue de la direction palestinienne sur les dossiers de la négociation".

A plusieurs reprises, souligne le journal, le premier cercle dirigeant palestinien est entré dans une "vive colère" après que des américains aient mis en garde contre des positions que l'autorité était sur le point de prendre. En clair, ils étaient déjà informés et prenaient les devants pour en dissuader les dirigeants palestiniens.

abbas mogherini
Mahmoud Abbas avec la chef de diplomatie de l'UE, Federica Mogherini

"Le président Abou Mazen a été informé directement par des responsables européens qu'il y avait des informations, d'origines israéliennes" au sujet de positions qu'il projetait de prendre au sujet des négociations" note Raialyoum en relevant que le président palestinien a décidé de transmettre le dossier aux services de sécurité pour connaître comme les européens et les américains étaient si précocement informés de ses intentions politiques.

Saeb Erakat a été informé, a-posteriori de l'arrestation, indique Raoalyoum, qui précise que la taupe présumée travaillait déjà au secrétariat de l'Olp quand Mahmoud Abbas en était le dirigeant.

En 2011, un agent administratif de la cellule de négociations avait fait fuiter vers la chaîne al-jazeera plus 1600 documents confidentiels sur les négociations avec Israël entre 1999 et 2010. Diffusée par la chaine sous le titre "Palestine Papers", ces documents révélaient que les négociateurs étaient prêts à des concessions sur le droit au retour, le statut d'al-Qods et les frontières du futur Etat palestinien.

La bataille de la succession

Erekat, ancien négociateur en chef avec Israël, est un proche de Mahmoud Abbas et il serait son successeur souhaité. Il est devenu à la fin 2015, secrétaire général de l'OLP, un tremplin pour se placer comme futur candidat favori. Mais l’homme n’est populaire ni au sein de l’opinion, ni au sein du Fatah.

Le journal électronique Raialyoum que dirige Abdelbari Atwan lie la divulgation de cette affaire aux "luttes pour la succession du président Mahmoud Abbas "Abou Mazen". Ce serait, les adversaires de Erekat qui ont décidé de fuiter l’information – tenue secrète pendant deux semaines – vers les médias.

Erakat aurait dit à ses proches qu’Israël cherchait à lui "nuire auprès de l'opinion palestinienne... afin de l'avertir de devoir cesser de soutenir ceux qui appellent à mettre fin à la coordination sécuritaire avec Israël".

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.