MAROC
18/01/2016 13h:11 CET

Driss El Yazami: "Il faut combler le manque de travaux sur l'histoire récente du Maroc"

Driss El Yazami: "Il faut combler le manque de travaux sur l'histoire récente du Maroc"
Driss El Yazami: "Il faut combler le manque de travaux sur l'histoire récente du Maroc"

MÉMOIRE - Début janvier, le Conseil national des droits de l'homme (CNDH), en partenariat avec l'Université Mohammed V de Rabat, a publié un ouvrage de plus de 600 pages rassemblant 138 biographies d'acteurs politiques et associatifs du Maroc post-indépendance, consultable en ligne.

Omar Azziman, Driss Basri, Abraham Serfaty, Khadija Rouissi, André Azoulay... De nombreuses personnalités, décédées ou toujours en vie, ont fait l'objet d'un long travail de recherche effectué par une équipe de 21 collaborateurs, chapeautés par les professeurs Jilali El Adnani et Mohammed Kenbib.

"La publication de cet ouvrage intervient dans le cadre de la mise en oeuvre des recommandations de l'Instance équité et réconciliation (IER), qui avait préconisé de multiplier les initiatives de préservation et d'écriture de l'histoire au Maroc", explique au HuffPost Maroc le président du CNDH, Driss El Yazami.

Après la création du Centre d'histoire du temps présent avec l'Université Mohammed V de Rabat et la mise en place d'un "master du temps présent" au sein de la Faculté des lettres et des sciences humaines, le CNDH a ainsi publié cet ouvrage, nouvelle pierre apportée au travail de mémoire entrepris par l'institution.

"Nous avons besoin de ces initiatives pour connaître notre histoire", indique M. El Yazami, qui estime qu'il y a "un manque évident d'écriture de l'histoire du Maroc", notamment sur la période récente. "Nous avons de très bons historiens qui ont travaillé sur des périodes plus éloignées, mais peu sur l'histoire du XXe siècle, surtout depuis l'indépendance", ajoute-t-il.

Tirer des leçons

Pour lui, l'ouvrage est à la fois un hommage aux acteurs qui ont fait (et font) cette période, mais aussi "une manière de tirer des leçons pour l'avenir". "L'IER a travaillé sur des périodes troubles de l'histoire contemporaine. Nous approfondissons ainsi le travail de compréhension de cette période, car connaître l'histoire est un élément important pour avoir des citoyens actifs", rappelle le président du CNDH, qui déplore que certains pans de l'histoire du Maroc, comme celle de l'amazighité, sont trop peu connus des citoyens.

Pour compléter ce travail de mémoire, la construction d'une Maison nationale de l'histoire à Casablanca est actuellement en projet. Un colloque a été mené par le CNDH pour poser les bases de cette initiative, qui ne devrait cependant pas voir le jour tout de suite. "Il faut encore trouver un lieu et les fonds pour la construction du musée, et cela risque de prendre un peu de temps", confie M. El Yazami.

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