ALGÉRIE
17/01/2016 12h:00 CET | Actualisé 17/01/2016 16h:07 CET

"Avant de penser à exporter il faut produire les aliments importés en quantité", Sami Agli, DG du groupe familial Agli

Abada Latifa

Produire, satisfaire le marché local, réduire les importations ensuite exporter, ce sont là, les scénarios de sortie de crise mis en place par les autorités publiques. Ces facteurs de relance économique sont, selon l’industriel Sami Agli, des plans à long terme qui vont contenir la crise et pourrait renverser la tendance.

Sami Agli est le directeur général du groupe familial Agli, fondé en 1967.

Le groupe industriel est actif dans le secteur de l’immobilier et l’agroalimentaire. Le conditionnement de la datte et son exportation ainsi que la transformation des céréales sont ses autres activités.

Depuis maintenant une année, le groupe s’est lancé dans la production de biscuits.

Dans cet entretien, Sami Agli revient sur l’expérience industrielle de sa famille, notamment l’exportation de la datte, les difficultés auxquelles sont confrontés les industriels et ses nouveaux investissements.

HuffPost Algérie: Vous avez récemment créé une unité de production de biscuits, en ces temps de «repli économique » n’est-il pas risqué d’investir ?

Sami Agli: Il n’est jamais risqué de créer de la richesse surtout à partir de ressources locales car il y a forcément un retour sur investissement.

L’idée nous est venue de créer notre biscuiterie en 2013 et l’entrée en production a été en 2015. Comme nous sommes déjà producteurs de farine, cet investissement allait nous permettre de développer davantage notre taux d’intégration. Cette expérience nous l’avons déjà faite avec la production de semoule que nous avons développée à la production de couscous.

HP: Comment était cette première année d’activité ?

Sami Agli : Plutôt fructueuse. Le produit arrive à se placer sur le marché et il est commercialisé dans 35 wilayas.

HP: Quelles sont les perspectives de développement de l’entreprise pour les années à venir ?

Sami Agli: Nous allons continuer à appliquer la politique sur laquelle repose notre groupe depuis des années : diminuer au maximum les importations.

Lorsque nous avons commencé, nous importions le packaging, et le fourrage, qui pesait énormément sur les dépenses de l’entreprise.

Aujourd’hui, le packaging est fait localement et pour le fourrage, deux partenaires locaux sont entrain de nous développer cette matière, ce qui nous permettra de diminuer nos importations.

Nous aspirons aussi à augmenter notre capacité de production qui est actuellement de 400 tonnes de biscuits par mois. Ceci mène à la création de nouveaux emplois qui figurent aussi parmi nos objectifs. Enfin l’exportation, nous sommes sur deux opérations test d’exportations, au Moyen-Orient et en Afrique.

HP: Concernant l’exportation, vous avez une longue expérience dans le domaine avec la datte. Quels sont les marchés que vous avez ciblés au départ.

Sami Agli: Principalement l’Europe, ensuite nous nous sommes développés vers l’Amérique du nord : le Canada et les Etats-Unis.

L’Europe comme première destination car à l’époque l’opération d’exportation des dattes passait par Marseille. Il y avait des commerçants qui avaient une bonne logistique de distributions de marchandises.

HP:La datte reste une ressource d'une grande richesse mais sous-exploitée, comment vous-expliquez cela ?

Sami Agli : Je dirais que les systèmes mis en place à l’époque n’incitaient pas à développer l’exportation de façon générale car le pétrole était à 120 dollars donc la ressource était mobilisée principalement sur les hydrocarbures qui rapportaient 90% de bénéfice et la datte représente moins de 1%.

HP: Vous avez arrêté l’exportation des dattes en 2014, pourquoi ?

Sami Agli: Nous sommes en train de réadapter notre usine pour aller vers une taille plus importante mais aussi pour répondre aux nouvelles conditions du marché de la datte.

Les citoyens consomment beaucoup de datte le mois de ramadan et la récolte se faisait juste avant, maintenant le mois de récolte vient après le mois de ramadan donc la production est stockée pendant pratiquement une année. C’est pour cette raison que nous avons lancée des travaux pour avoir une usine avec des capacités de stockage plus importantes notamment des espaces de stockage à atmosphère contrôlée…etc.

HP: Quelles sont selon vous les mesures à prendre en priorité pour faciliter l’activité des industriels ?

Sami Agli: Beaucoup de ressources ont été mobilisé pour améliorer les conditions mais le chemin est encore long. Je citerai entre autres l’accès au foncier qui doit être fait d’une manière souple et rapide. L’accès au financement aussi.

Il faut aussi réduire les délais de traitement de la marchandise au niveau des ports.

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