ALGÉRIE
17/01/2016 00h:59 CET | Actualisé 17/01/2016 00h:59 CET

Au moins 85 civils tués dans une attaque du groupe EI en Syrie

AFP

Une attaque du groupe terroriste Etat islamique (EI) a tué samedi dans la ville syrienne de Deir Ezzor au moins 85 civils et 50 combattants pro-régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, le gouvernement dénonçant un "massacre".

L'agence de presse officielle syrienne Sana, citant des résidents de cette ville dans l'est du pays, a affirmé qu'"environ 300 civils" sont morts dans l'attaque.

Si ce bilan était confirmé, il serait l'un des plus élevé pour une seule journée dans la guerre qui ravage la Syrie depuis près de cinq ans.

Ce bain de sang survient alors que les forces favorables au président syrien Bachar al-Assad affrontent l'EI dans la province d'Alep. Seize jihadistes ont été tués dans les combats.

"Au moins 135 personnes ont péri dans l'attaque de l'EI à Deir Ezzor, dont au moins 85 civils et 50 soldats syriens et combattants de milices prorégime", a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Il avait précédemment fait état de la mort de 75 combattants progouvernementaux.

L'EI a revendiqué une "vaste attaque" sur plusieurs fronts dans la ville de Deir Ezzor et ses environs, affirmant dans un communiqué avoir pris le contrôle de la banlieue Al-Baghaliyeh.

Dans une déclaration transmise par l'agence officielle syrienne Sana, le gouvernement syrien a condamné "ce massacre sauvage et lâche commis par l'EI contre les habitants d'Al-Baghaliyeh dans la province de Deir Ezzor".

Selon l'OSDH, l'offensive déclenchée par un attentat suicide à la voiture piégée a permis à l'organisation jihadiste d'avancer dans le nord de la capitale divisée de la province pétrolière du même nom et de contrôler désormais environ 60% de l'agglomération.

Le régime contrôle toujours des portions de Deir Ezzor ainsi qu'un aéroport militaire à proximité, malgré les attaques répétées de l'EI.

Sept fronts

En difficulté l'été dernier, les forces de Bachar al-Assad ont repris l'offensive depuis le début le 30 septembre de l'intervention de la Russie, fidèle allié de Damas, qui a depuis mené des milliers de frappes aériennes.

Dans la province d'Alep (nord), au moins 16 combattants de l'EI ont été tués samedi dans une attaque avortée contre une position du régime près de la ville d'Al-Bab, a indiqué l'OSDH.

La télévision d'Etat syrienne a également rapporté que les forces du régime avaient repoussé une offensive dans la région.

Selon l'OSDH, des avions russes effectuaient des frappes dans la région entre l'aéroport militaire de Koueiris, contrôlé par le régime, et Al-Bab, dans le nord-est de la province.

Au cours des derniers jours, les forces prorégime ont progressé vers Al-Bab, un bastion de l'EI, en reprenant plusieurs villages aux alentours. Elles se trouvent désormais à moins de dix kilomètres de cette ville, une distance qu'elles n'avaient plus atteinte depuis 2012.

Située à 30 km au sud de la frontière turque, Al-Bab est tombée aux mains des rebelles en juillet 2012 puis de l'EI en novembre 2013.

Les combattants prorégime tentent notamment de couper l'accès des rebelles à Alep, la deuxième ville de Syrie, qui est divisée entre quartiers ouest contrôlés par le gouvernement et quartiers est sous contrôle rebelle.

"A travers cette opération, l'armée tente d'élargir sa zone de sécurité autour de la ville" d'Alep, et d'empêcher les rebelles de se réapprovisionner depuis les environs, a expliqué à l'AFP une source de sécurité.

Selon un commandant des forces progouvernementales, le régime se bat actuellement sur sept fronts différents dans la province d'Alep.

"Couper le territoire"

Le régime espère aussi affaiblir l'EI qui contrôle une partie de la province d'Alep, voisine de celle de Raqa, dont le chef-lieu est la capitale de facto du groupe jihadiste.

"Les forces du régime ont un plan précis pour couper le territoire que contrôle l'EI dans la province d'Alep de celui qu'il contrôle à Raqa", a souligné Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

Dans la ville de Raqa, "au moins 16 personnes ont été tuées, dont des civils, et 30 ont été blessées dans huit raids qui ont visé des quartiers de la ville et ses alentours", a-t-il ajouté, sans préciser si les frappes ont été menées par l'aviation russe ou la coalition internationale menée par Washington.

Depuis le début en mars 2011 de la guerre civile en Syrie, devenue de plus en plus complexe avec une multiplication des acteurs, 260.000 personnes sont mortes et des millions ont été poussées à la fuite.

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