MAROC
15/01/2016 09h:29 CET | Actualisé 15/01/2016 09h:30 CET

Maroc/Suède: La lumière au bout du tunnel

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POLITIQUE - La renonciation du gouvernement suédois à reconnaître le Polisario, annoncée par la télévision publique suédoise SVT, vient sonner la fin d'une crise diplomatique qui dure depuis septembre. Et couronne les démarches et efforts diplomatiques entrepris, depuis, par le Maroc.

En attendant que la décision soit officialisée, la sphère politique marocaine se réjouit déjà de la décision. "Un pays épris de paix ne peux que contribuer à la réalisation de la paix dans le Maghreb", estime la secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU) Nabila Mounib, qui explique au HuffPost Maroc que "la Suède est un État qui croit à la légalité internationale et qui prend position par rapport à cela. Ainsi, vu que le Polisario ne répond pas aux normes admises pour la reconnaissance d'une république, le gouvernement des modérés a rejeté, en 2012, la proposition de reconnaître le Polisario".

Nabila Mounib considère qu'il y a "eu plusieurs facteurs qui ont contribué à la prise de cette sage décision, et je pense que la participation de la délégation de gauche a contribué, quelque part, à éclaircir d'avantage la situation", vu que la délégation "a exposé le problème de manière à pousser la Suède à analyser la donne. La vague migratoire, les risques terroristes sont autant de facteurs qui ont concouru à la prise de cette décision par la Suède, qui, dans ce sens, souhaite préserver ses intérêts, et ne pas contribuer à la création de problèmes dans la région"

De septembre à janvier, marathon diplomatique

A l'origine de la brouille, le dépôt, début septembre par des députés du parti social-démocrate suédois, d'une proposition de loi visant à reconnaître la république sahraouie (RASD, autoproclamée par le Front Polisario). Si, face à la levée de boucliers, la Suède a rappelé qu'elle "n’a pas reconnu le Sahara occidental comme un Etat", et a rassuré qu'elle "ne le fera pas", il n'en reste pas moins que pour se prémunir des risques d'une éventuelle reconnaissance de la RASD par la Suède, le Maroc considérait qu'il se devait d'agir.

Dans la foulée, le royaume a bloqué l'ouverture du premier magasin Ikea à Casablanca, officiellement pour des raisons de non-conformité, mais plus vraisemblablement en réaction de l'attitude de la Suède vis-à-vis du Polisario. Le Maroc a également évoqué la possibilité de boycotter tous les produits suédois, en raison du fait que "La Suède boycotte les produits marocains issus des régions du sud du royaume. Le Maroc n'hésitera pas à traiter la Suède de la même manière qu'elle le traite" nous avait, alors, déclaré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Mustapha Khalfi.

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Après l'étonnement et la colère consécutifs à l'événement, vient le temps de mettre la machine diplomatique en branle. A la suite d’une réunion présidée par le Chef du gouvernement en présence des dirigeants des principaux partis politiques, il a été décidé de déplacer à Stockholm une délégation composée des dirigeants de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), du Parti socialiste unifié (PSU) et du Parti du progrès et du socialisme (PPS), trois partis de gauche, afin de défendre l’intégrité du royaume. Présidée par la secrétaire général du PSU Nabila Mounib, la délégation avait entamé une visite de travail de trois jours avec, au programme, des réunions avec des responsables politiques, des parlementaires et des acteurs de la société civile suédoise.

Maintenant que la Suède renonce à reconnaître le Polisario, il est à supposer que les liens entre le Maroc et le royaume sont appelés à s'améliorer. Première victime collatérale de la crise diplomatique entre les deux pays, Ikea devrait, à en croire les informations circulant à ce propos, ouvrir ses portes bientôt. Enfin, la décision de la Suède vient couronner des mois d'efforts diplomatiques intenses, dont le dernier en date est l'inauguration, il y a quelques jours, au Panama, d'une ambassade marocaine.

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