MAROC
14/01/2016 06h:11 CET | Actualisé 14/01/2016 06h:27 CET

Une majorité de jeunes arabes rejettent l'extrémisme religieux

Sit-in de solidarité avec la France à Casablanca après les attentats de Paris
HuffPost Maroc
Sit-in de solidarité avec la France à Casablanca après les attentats de Paris

SONDAGE - Une majorité de jeunes arabes musulmans estiment que les actions des groupes jihadistes comme l'organisation État islamique (EI) et Al-Qaïda constituent une "perversion" de l'islam, selon un sondage réalisé par l'institut Zogby Research Services de Washington.

Cette enquête a été menée en octobre et novembre 2015 auprès d'un échantillon de 5.374 Arabes musulmans âgés de 15 à 34 ans au Maroc, en Égypte, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Koweït, en Jordanie, à Bahreïn et dans les Territoires palestiniens.

"Une complète perversion des enseignements de l'islam"

Plus de 80 % des personnes interrogées au Maroc, aux Émirats et en Égypte pensent que les actions des groupes radicaux représentent "une complète perversion des enseignements de l'islam", alors que 45 % au Koweït, 57 % en Arabie saoudite et 61 % en Jordanie portent un tel jugement.

15 % des personnes interrogées en Palestine, 13 % en Jordanie et 10 % en Arabie saoudite ne croient pas que ces actions relèvent d'une perversion de l'islam.

En outre, ils sont 39 % au Koweït, 28 % en Arabie saoudite, 21 % à Bahreïn et 17 % en Palestine à penser que les groupes jihadistes "soulèvent (...) parfois de questions sur lesquelles (ils sont) d'accord avec eux".

Les sources du radicalisme

Interrogées sur les raisons menant des jeunes à rejoindre ces groupes, 69 % des personnes sondées aux Émirats, 50 % au Maroc, 38 % en Égypte, 37 % en Jordanie et 36 % en Arabie citent la responsabilité de "gouvernements corrompus, répressifs et non représentatifs".

Mais ils sont 46 % dans les territoires palestiniens, 33 % à Bahreïn et 30 % en Arabie saoudite à invoquer "l'occupation étrangère des territoires arabes" comme source du radicalisme.

Une majorité des jeunes interrogés restent en outre convaincus que la religion a un rôle important dans l'avenir de leurs pays, comme au Koweït (93 %), Égypte (90 %), Emirats (89 %), Arabie saoudite (88 %), Territoires palestiniens (86 %), Maroc (77 %), Jordanie (75 %) et Bahreïn (63 %).

Une réforme du discours

Pour les jeunes arabes, "ce n'est pas la religion qui doit être réformée, mais (...) le discours" véhiculé par les musulmans, a dit James Zogby, président du centre de recherches qui porte son nom lors de la présentation mardi soir des résultats du sondage à Abou Dhabi.

L'étude a été réalisée pour le compte de la fondation Tabah, une ONG basée dans la capitale des Émirats arabes unis.

Dans le monde arabe, les jeunes de moins de 34 ans représentent 53 % de la population, selon des statistiques de la fondation.

Le sondage a été mené dans le contexte de la montée en puissance des groupes jihadistes à la faveur du chaos dans certains pays, consécutif aux Printemps arabes.

LIRE AUSSI: Des imams "made in Morocco" pour lutter contre l'extrémisme

Galerie photoSit-in de solidarité avec la France à Casablanca Voyez les images