MAROC
14/01/2016 09h:32 CET | Actualisé 14/01/2016 09h:32 CET

Qui est Khadija Arib, la Marocaine nommée à la tête de la Chambre basse du parlement néerlandais?

L'ascension politique de la marocaine Khadija Arib aux Pays-Bas
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L'ascension politique de la marocaine Khadija Arib aux Pays-Bas

RÉUSSITE – Fraîchement nommée à la tête de la Chambre basse du parlement des Pays-Bas par 83 voix sur 134, la députée d'origine marocaine Khadija Arib devient la première femme d'origine étrangère à obtenir ce poste. Celle qui n'est arrivée aux Pays-Bas qu'à l'âge de quinze ans pour rejoindre son père dans le cadre de la réunification familiale s'est très vite engagée dans la politique.

En 1998, Arib, qui a effectué des études en sociologie à l'Université d'Amsterdam, fait ses premiers pas en politique sous la bannière du parti travailliste. A l'issue des élections législatives, elle est élue parlementaire et se concentre essentiellement sur la santé publique et la situation des enfants. Elle siège au sein de la Deuxième chambre jusqu'à 2006, où elle n'est pas réélue du fait qu'elle était 34ème seulement sur la liste des candidats de son parti.

La migration, une question qui lui tient à coeur

Elle n'y retourne que l'année suivante et profite de cette parenthèse pour s'engager dans un groupe de travail sur la migration au sein du Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH) au Maroc afin de dessiner les traits de la nouvelle politique migratoire du royaume. Cette question n'est en effet pas étrangère à la femme politique qui a déjà publié des ouvrages sur le sujet. Le plus significatif étant son récit autobiographique Couscous, le dimanche, dans lequel elle revient sur son enfance passée à Casablanca, avant de quitter le Maroc pour les Pays-Bas et se confronter à une nouvelle culture.

Khadija Arib s'est notamment engagée pour l'intégration de la communauté marocaine à Rotterdam, surtout les femmes. Dans son ouvrage, elle met en lumière la vie de ces Marocaines qui ont migré aux Pays-Bas et qui ne bénéficient parfois pas de leurs droits basiques, souvent sous l'emprise d'un schéma familial patriarcal ne leur permettant pas de travailler et de s'épanouir. En 2006, elle avait également défendu une proposition de loi afin de prévenir la mortalité infantile chez les femmes migrantes.

Geert Wilders, un ennemi juré?

Le député Geert Wilders n'a pas tardé à réagir à la nouvelle et ce en des termes assassins. "C'est un jour noir pour l'histoire parlementaire", a-t-il déclaré à l'agence de presse Belga. L'activiste d'extrême droite reproche à la femme politique de détenir la double nationalité. "Il ne s'agit pas d'elle en tant que personne, mais quelqu'un qui a la double nationalité ne devrait pas être président de la Chambre basse du parlement néerlandais", a fustigé celui qui est connu pour ses positions controversées sur l'islam et les immigrés. Pour sa défense, Arib a expliqué souhaiter se séparer de sa nationalité marocaine mais que le royaume n'offre pas la possibilité d'y renoncer.

L’ascension fulgurante de Khadija Arib dans la vie politique néerlandaise n’est pas sans rappeler celle d’un autre enfant du royaume: Ahmed Boutaleb, le maire d'origine marocaine de Rotterdam, né dans la région du Rif et arrivé lui aussi aux Pays-Bas à l'âge de 15 ans.

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