MAROC
14/01/2016 08h:22 CET

Espagne: Le nouveau parlement installé, les perspectives de formation d'un gouvernement toujours incertaines

Espagne: Le nouveau parlement installé, les perspectives de formation d'un gouvernement toujours incertaines
AFP
Espagne: Le nouveau parlement installé, les perspectives de formation d'un gouvernement toujours incertaines

INTERNATIONAL - Les deux chambres du nouveau Parlement espagnol ont été installées mercredi, sans pour autant dissiper les incertitudes qui pèsent toujours sur les perspectives de formation d'un nouveau gouvernement, assombries par la composition fragmentée du Congrès des députés (Chambre basse) issu des législatives du 20 décembre.

Si l'élection du nouveau président du Congrès, le socialiste Patxi Lopez, a été possible grâce à un "pacte" entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), le Parti Populaire (PP-droite) et Ciudadanos (centre-droit), les formations en question sont encore loin de parvenir à un terrain d'entente sur les contours d'un nouvel exécutif, tellement leurs divergences sont criantes.

Le PP, vainqueur des élections, continue en tout cas à tendre la main aux deux autres partis les plus représentés à la chambre des députés pour trouver un accord à ce sujet, comme en témoignent les déclarations de ses responsables depuis l'annonce des résultats des élections, à leur tête le président du parti Mariano Rajoy.

La dernière déclaration en date de Rajoy en ce sens a été faite mercredi en marge de l'entrée en fonction du parlement. Le chef de l'exécutif sortant a souligné que "c'est le temps de faire prévaloir l'entente et le bon sens", affirmant qu'il œuvre pour atteindre un accord avec le PSOE et Ciudadanos sur la formation d'un cabinet pour la 11e législature depuis l'instauration de la démocratie dans le parti ibérique.

"J'espère que les forces politiques agiront en fonction du mandat qui leur a été accordé par les Espagnols qui ont décidé que nous devons nous entendre pour nous mettre au travail", a-t-il insisté.

Au moment où les observateurs interprètent le pacte PP, PSOE et Ciudadanos pour élire le président du Congrès des députés comme le prélude à un accord sur la formation du prochain exécutif, les socialistes eux ne le voient pas du même œil.

Malgré les pressions grandissantes sur le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, pour aider le PP à former un gouvernement, surtout après l'investiture du nouveau président catalan le nationaliste Carles Puigdemont, plusieurs barons du parti socialiste ont exprimé clairement leur refus d'une alliance avec les conservateurs.

"Rajoy n'aura pas l'appui du PSOE ni à travers un vote favorable ni par le biais de l'abstention", a déclaré dernièrement le président du Parti socialiste catalan (PSC), Miquel Iceta.

Pedro Sanchez avait même évoqué auparavant une grande alliance des forces de gauche, notamment avec Podemos et les petits partis nationalistes.

Quant au jeune parti Ciudadanos, il prône à l'instar du PP l'entente entre les principales forces politiques en vue de permettre la formation d'un gouvernement à même d'apporter la stabilité nécessaire en vue de faire face aux nombreux défis qu'affronte le pays, notamment celui d'une sécession de la Catalogne.

Le porte-parole de ce parti, Pedro Piqueras, a déclaré que le pacte pour le Congrès des députés "montre que rien n'est impossible dans un nouveau cadre de dialogue et de consensus" entre les partis politiques.

Par ailleurs, ce même pacte n'a fait qu'accentuer les divergences entre le PSOE et Podemos qui aspiraient au début à pouvoir former un gouvernement de gauche. Le parti d'extrême gauche a durement critiqué le PSOE pour avoir scellé un pacte ayant permis d'investir le socialiste Patxi Lopez comme président du Congrès de députés.

En outre, Podemos a posé une condition inacceptable par les trois autres partis pour pourvoir faire partie du prochain gouvernement: l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne.

Le congrès des députés issu des dernières législatives est d'une composition inédite dans l'histoire de la jeune démocratie espagnole : aucun parti ne dispose de la majorité absolue lui permettant de gouverner seul, alors que deux nouvelles formations sont pour la première fois représentées au sein de l'assemblée.

Il s'agit aussi de la première fois où le président du congrès des députés n'appartient pas au parti le plus voté lors des élections.

Cette nouvelle donne politique semble avoir pris au dépourvu les acteurs politiques en Espagne, notamment ceux des deux principales formations du pays, le PP et le PSOE, habituées à des majorités confortables qui leur permettaient de gouverner sans être obligés de nouer des alliances.

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