ALGÉRIE
14/01/2016 07h:00 CET | Actualisé 14/01/2016 07h:17 CET

La CNAS ne doit plus rien aux hôpitaux français, le tourisme médical en Tunisie et en Turquie dans son collimateur

AFP

La CNAS ne doit plus rien aux hôpitaux français. Ce dossier est clos et toutes les factures ont été réglées. Cette fois-ci, Hassan Haddam ne sera pas le seul à le dire puisque les autorités françaises le confirmeront elles aussi de leur côté. Le DG de la Caisse Nationale des assurances sociales a annoncé que cette information sera prochainement annoncée dans un communiqué commun de la part des deux parties, a rapporté ce jeudi 14 janvier le quotidien arabophone El Khabar.

A en croire Hassan Haddam, le dossier des dettes de l'Algérie aux hôpitaux et institutions françaises de santé est clos. Le DG de la CNAS a affirmé hier, mercredi 13 janvier que toutes les créances ont été réglées. Plusieurs rapprochements avec les hôpitaux français ont été effectués dans cette optique, et "aucun problème ne brouillera les bonnes relations entre les deux parties", a-t-il, par ailleurs, dit lors au Forum d’El Moudjahid en décembre 2015.

M. Haddam a aussi révélé que cette fois-ci les représentants des deux parties confirmeront cette information ensemble, dans un communiqué commun qui sera diffusé dans quelques semaines, lors de la rencontre annuelle entre les gouvernements algérien et français à la mi-février.

"La CNAS ne traite pas avec les cliniques privées"

Revenant, lors d'une audition avec la commission des Affaires étrangères selon la même source, sur les déclarations des responsables et les rapports des institutions françaises de santé, notamment en juillet 2015, le haut responsable de la CNAS a expliqué qu'il ne s'agit pas des hôpitaux publics de l'Hexagone mais des cliniques privées.

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Des cliniques, a-t-il rajouté, consultées par des Algériens qui "croient contourner les autorités françaises" en recourant à un visa touristique et non pas un visa court séjour pour raisons médicales, dans le but de bénéficier de soins en France. A cet effet, les autorités nationales ont officiellement affirmé aux françaises que les institutions algériennes ne traitent pas avec les cliniques privées, "qui n'ont qu'à émettre des factures et exiger de leurs clients algériens le paiement des soins fournis".

Cette dette, explique M. Heddam, doit être payée par le citoyen. "Quand un citoyen algérien se rend en France, ou dans un autre pays et décide de se soigner dans ses hôpitaux et ces structures hospitalières les acceptent et leur prodiguent des soins, la dette est privée", a-t-il dit.

"Qui va payer ? Logiquement, c’est le citoyen, qui a pris cette initiative sans passer par la commission chargée des soins à l’étranger qui permet une prise en charge régulière et organisée. Il ne s’agit pas d’une dette de la CNAS, puisqu’il n’y a aucun engagement écrit et soussigné par cette dernière".

Les dettes, estimées à des millions d'euros, à 31,6 millions d'euros selon la direction en commission médicale de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), "sont réglées et le dossier est désormais clos. Plus aucune raison de reparler" de cette affaire, a réitéré Hassan Haddam.

Le tourisme médical dans le collimateur

De son côté, le député Samir Chaabna, qui était présent à l'audition de la commission des Affaires étrangères selon le quotidien El Khabar, a met en garde contre le tourisme médical en Tunisie et en Turquie, où les Algériens "se font avoir", a-t-il estimé. Ils sont ainsi "victimes" du commerce illégal des hôpitaux et cliniques des deux pays.

Le même député a aussi mis en garde contre le même phénomène dans les hôpitaux et établissements de santé en Jordanie, en France et en Espagne, dont certains médecins sont complices avec des chefs de départements des hôpitaux algériens.

M. Chaabna a expliqué que des citoyens algériens sont spécialement redirigés vers ces institutions étrangères et amenés à payer des prix exorbitants, pour des services qui existent déjà en Algérie.

Un phénomène contre lequel le DG de la CNAS promet de se dresser, en prenant des mesures de régularisation et de contrôle de ces opérations, faire cesser ces pratiques illégales mettant en péril la santé du citoyen.

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