TUNISIE
14/01/2016 08h:53 CET | Actualisé 14/01/2016 08h:57 CET

Tunisie: Amnesty s'inquiète du retour d'une "répression brutale"

facebook/amnesty international tunisie

Amnesty International s'est inquiétée jeudi du retour d'une "répression brutale" en Tunisie, dans le cadre notamment de la lutte antiterroriste, dénonçant l'existence de décès suspects en garde à vue ou encore l'absence de réformes profondes depuis 2011.

Le régime de l'ancien président Ben Ali, renversé le 14 janvier 2011 sous la pression de la rue, "reposait notamment sur la torture et la répression.

Celles-ci ne doivent pas devenir des caractéristiques de la Tunisie de l'après-soulèvement", déclare l'ONG basée à Londres dans un communiqué à l'occasion du 5e anniversaire de la révolution.

Or, selon elle, "de nouveaux éléments recueillis, faisant état de cas de torture et de morts en détention, semblent indiquer la reprise d'une répression brutale".

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Durant une mission effectuée en décembre dernier, une équipe d'Amnesty a recensé "au moins six décès (...) en détention depuis 2011 dans des circonstances n'ayant pas donné lieu à de véritables enquêtes, ou n'ayant pas débouché sur des poursuites pénales", est-il indiqué.

Des témoignages sur des "actes de torture" et "mauvais traitements" récents, dans le cadre de la lutte antiterroriste, ont en outre été recueillis, poursuit le texte.

Des détenus ont affirmé avoir été "soumis à des décharges électriques, notamment sur les parties génitales", et "maintenus dans la position douloureuse dite du 'poulet rôti'", pieds et poings attachés à un bâton, avance le communiqué, mentionnant la nécessité pour les autorités de mener des "enquêtes indépendantes".

Alors que la Tunisie a été frappée l'an dernier par trois attaques majeures du groupe Etat islamique (EI), Amnesty exhorte à ne pas "utiliser" la lutte sécuritaire "comme prétexte à un retour en arrière". L'ONG déplore l'adoption de "mesures inquiétantes", dont la nouvelle loi antiterroriste de l'été 2015, qui prévoit 15 jours de garde à vue sans avocat.

Dans le cadre de l'état d'urgence réinstauré fin novembre après un attentat suicide à Tunis (12 gardes présidentiels tués), il a été procédé à "des milliers de descentes et arrestations", tandis que "des centaines d'autres" ont été placés en résidence surveillée, rappelle l'ONG.

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En l'absence de "réformes essentielles", dont Amnesty s'était fait l'écho dès 2011, "il existe un risque réel que cette réaction violente mal avisée ne fasse régresser la Tunisie jusqu'au point où elle se trouvait il y a cinq ans", prévient le directeur régional adjoint de l'ONG, Saïd Boumedouha.

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