TUNISIE
13/01/2016 15h:23 CET

Tunisie: Près de 900 détenus condamnés pour "consommation de stupéfiants" ont été graciés par le président Béji Caïd Essebsi

La prison n'est pas la solution
Youssef B.Ammar, F. Amri, S. Jbéli, Seif Jlassi
La prison n'est pas la solution

Près de 900 détenus condamnés pour "consommation de stupéfiants" ont été graciés mercredi par le président Béji Caïd Essebsi, à l'occasion du 5e anniversaire de la révolution tunisienne.

Ils avaient été condamnés au titre de la "loi 52", un texte controversé dont un amendement est à l'étude.

Au total 1.178 prisonniers vont être libérés à la faveur de cette grâce, dont 885 avaient été condamnés pour la première fois pour consommation de produits stupéfiants, a précisé la présidence de la République dans un communiqué.

Promulguée en 1992 du temps de la dictature, la "loi 52" prévoit une peine minimale d'un an de prison pour consommation de stupéfiants et interdit aux magistrats de prendre en compte des circonstances atténuantes.

Elle est notamment combattue par un collectif citoyen, "Al Sajin 52" ("Le Prisonnier 52"), qui estime qu'elle détruit la vie de nombreux jeunes Tunisiens et qu'elle peut être utilisée pour réprimer la liberté d'expression.

Nombre d'artistes, notamment des rappeurs critiques des forces de l'ordre, ont été emprisonnés sur cette base.

Les adversaires du texte font notamment valoir que plus de 50% des personnes en détention provisoire et un tiers des détenus condamnés ont été arrêtés en lien avec des affaires de stupéfiants, selon des chiffres de l'ONU.

Début janvier, le gouvernement a transmis au Parlement une proposition d'amendement qui prévoit l'adoption d'un nouveau régime de sanctions. Il comprend notamment la disparition des peines de prison dans le cas d'une première condamnation, en échange d'une amende ou d'un "traitement médical, psychologique ou social".

Aucune date n'a encore été fixée pour l'examen de ce texte par les députés.

A fin décembre, selon des chiffres du ministère de la Justice, 7.451 personnes se trouvaient emprisonnées en Tunisie au titre de la loi 52, dont 4.189 ayant fait l'objet d'une condamnation -- les autres étant en détention préventive.

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