MAROC
13/01/2016 08h:59 CET | Actualisé 19/01/2016 05h:38 CET

Agressions de Cologne: La majorité des suspects impliqués sont Marocains et Algériens

Agressions de Cologne: La majorité des suspects impliqués sont Marocains et Algériens
Agressions de Cologne: La majorité des suspects impliqués sont Marocains et Algériens

SEXISME - La majorité des suspects impliqués dans les agressions de Cologne le 31 décembre dernier sont d’origine marocaine ou algérienne révèle un rapport de la police allemande. Sur les 32 suspects interpelés par la police fédérale, 9 sont Algériens, 8 Marocains, 5 Iraniens, 4 Syrien, un Irakien, un Serbe, un Américain et trois Allemands. 22 d’entre eux sont des demandeurs d’asile, indique le quotidien Le Monde. Ils sont soupçonnés de vols et d’agressions sexuelles, précise le parquet de Cologne.

Augmentation des demandes d'asile...

Les autorités allemandes s’inquiètent de "l’augmentation des demandes d’asile de Marocains et d’Algériens ces dernières semaines", relève Le Figaro. Le nombre de demandeurs d’asile issus de ces nationalités a en effet augmenté ces derniers mois. "Avec 2 896 demandeurs d'asile en décembre, contre 2 690 en novembre, les Marocains sont le seul groupe à progresser. Même le nombre de réfugiés syriens a reculé le mois dernier", poursuit le titre de presse français.

"Depuis 2011, les coupables de délits venus de pays du Maghreb représentent une part considérable des vols à la tire à Cologne", écrit la police dans son rapport d’enquête. 40% des migrants nord-africains ont commis des délits l’année suivant leur arrivée contre 0,5% des migrants syriens. Un chiffre qui devrait soulager la chancelière allemande Angela Merkel qui avait été critiquée avec véhémence au lendemain des agressions de Cologne pour sa politique jugée "laxiste" vis-à-vis des migrants. "Angela Merkel a sans doute minimisé les transformations profondes que sa politique d’ouverture imposait à l’Allemagne. Ce qui constitue une faute politique majeure", avait écrit l’Express.

... et montée de la xénophobie

La dirigeante allemande a depuis proposé d’expulser les migrants condamnés à une peine de prison. Mardi 12 janvier, les partenaires de la coalition gouvernementale allemande ont décidé de reconduire à la frontière les criminels étrangers. "C’est une réponse dure mais bonne de l’Etat à ceux qui, bien qu’ils cherchent ici la protection, croient qu’ils peuvent commettre des délits sans cela n’ait de conséquences sur leur présence en Allemagne", a jugé le ministre de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière, lors d’une conférence de presse.

Face à cette situation, des actes de xénophobie ont été enregistrés à Cologne où un groupe d'une vingtaine d'individus a agressé, dimanche 3 janvier, six Pakistanais dans les rues de la ville. Deux d'entre eux ont été hospitalisés. Un Syrien de 39 ans a également été agressé. Le Conseil du culte musulman a aussi indiqué avoir reçu plusieurs appels de menaces.

"La population marocaine résidant en Allemagne peut être victime d'une augmentation des actes de violence à son encontre, notamment de la part de certains groupuscules d'extrême droite", estime Hicham Rachidi, secrétaire général du GADEM (Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants) au HuffPost Maroc. Selon des chiffres du ministère chargé des Marocains résidants à l'étranger datant de 2011, plus de 150.000 marocains sont installés dans la république fédérale.

D'où l'importance du respect de l'État de Droit, indique Ahmed Boutaleb, le maire d'origine marocaine de Rotterdam au Pays-Bas, qui met l'accent sur ce point crucial. "Je pense que l'identité des agresseurs est moins importante, bien qu'il faut en débattre. Mais c'est moins important que l'État de droit. Ce qui importe, ce n'est pas qui a fait cela, c'est que la police les arrête et les présente devant la justice", avait-t-il déclaré à la chaîne d'information Euronews.

Galerie photoMelilla, forteresse de l'Europe Voyez les images