ALGÉRIE
13/01/2016 03h:37 CET | Actualisé 13/01/2016 06h:55 CET

Journée du plat traditionnel à Dar Lahlou : Ah nos couscous, nos huiles, nos miels... !

dar lahlou couscous

Ah les couscous...!

Du pain, de l’huile, des olives, des fromages, des navets sauvages (le fameux left S3idi cher aux sétifiens) et plein d’autres produits du terroir en exposition. Les visiteurs invités à déguster par des artisans sûrs de leurs arts qui en expliquent les bienfaits ou bien racontent des histoires, anciennes, liées au produit…

Et puis, il y a le couscous. Ou plutôt les couscous, spécialités du restaurant Dar Lahlou qui a organisé, ce mardi 12 janvier 2016, en marge de la célébration du Yennayer, la Journée nationale du plat traditionnel.

C’est la 6ème année que le restaurant “Dar Lahlou”, sis au Palais des Expositions des Pins Maritimes, organisé cette manifestation qui met en exergue les produits du terroir locaux et les mets traditionnels dérivés de ces produits, allant du couscous dans toutes ses variantes aux miels et huiles d’olives.

La Journée nationale du plat traditionnel a vu la participation de 30 artisans, cuisiniers, boulangers ou fermiers. Issus de 18 wilayas, ces participants sont venus étaler leur production et répandre les délicieux parfums de leurs couscous, leurs fromages à base de lait de chèvre, leur miel ou leur vinaigre, leurs herbes ou leurs épices.

sid ali lahlou
Sid Ali Lahlou

Le but de cette journée, explique Sid Ali Lahlou, fondateur du restaurant “Dar Lahlou”, est de “faire connaître les produits du terroir mais également les plats cuisinés” à partir de ces produits locaux.

Cette journée entend aussi “rapprocher le consommateur du producteur et de son plat” et “rassembler les différents exposants, issus de plusieurs régions, avec leurs variétés et leurs traditions”.

Le couscous, ce plat roi

L’odeur appétissante du couscous émanait vivement du restaurant “Dar Lahlou”, où ce met et toutes ses variantes était très présent. Les visiteurs ont pu déguster plusieurs spécialités de ce plat, savourant les particularités de chaque région, notamment celle à l’orge.

M. Mejdoub Benbernou consultant en boulangerie traditionnelle, présentait la spécialité mostaganémoise. Un couscous atypique bien garni d’herbes, dont le thym, la menthe pouliot, le céleri, les oignons et de la viande.

“Ce couscous est préparé d’une manière assez spéciale, explique-t-il. On prépare d’abord la farce des herbes avec de la viande avant de la tremper dans une sauce et la servir sur du couscous”.

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Couscous de Mostaganem

Une variété visiblement très appréciée par les présents, qui, par curiosité mais sans doute attirés par les arômes agréables des herbes, se sont jetés sur la gassaâ (récipient large en bois) au buffet lors du déjeuner. Ce couscous méconnu a fait sensation. Les autres variétés de couscous, à l’orge, aux légumes, mesfouf et d’autres variantes de ce plat traditionnel étaient aussi à l’honneur.

Le miel a la cote

Cette Journée nationale du plat traditionnel a aussi accueilli des agronomes, apiculteurs et producteurs de miel et de produits dérivés. Les visiteurs pouvaient goutter aux différentes variantes tout en découvrant les vertus de la ruche à travers des remèdes pharmaceutiques qui étaient présentés.

Bacha Mebrouk, producteur de miel originaire de Tizi Ouzou et établi à Oran, a déjà pris part aux deux dernières éditions de cette manifestation, a-t-il indiqué au HuffPost Algérie.

Pour cette année, il a présenté son miel pur mais également des produits thérapeutiques, dont ses huiles contre la chute des cheveux, de la propolis, du pollen d’abeille et des savons et crèmes dérivés de la ruche.

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Bacha Mebrouk, apiculteur

Hacène Guéchida, ingénieur agronome et apiculteur originaire de Larbaâ Nath Irathen propose, outre son produit de propolis, une douzaine de variétés de miel, dont celui de bruyère, d’eucalyptus, de carotte sauvage, de chêne vert, de thym, de montagne, de lavande.

La confiture aussi

La confiture était aussi très prisée par les visiteurs, qui ont pu découvrir des produits savoureux, 100% naturels, insistait Mghili Fadila.

Originaire de Tlemcen, cette artisane prépare des confitures et des conserves de légumes depuis une dizaine d’années. “J’ai été la première en Algérie à me lancer dans la préparation artisanale de confiture”, affirme-t-elle.

Et de poursuivre : “nous avons toute sorte de confitures. Une quarantaine de variétés et de parfums, dont celui du melon et de la grenadine”, proposés d’ailleurs à des prix très abordables, ajoute-t-elle.

De son côté, Nanaâ Ouanani, productrice de confitures et d’huile d’olives est dans le domaine depuis presque deux années seulement. Elle est aussi la présidente de l’association de femmes chefs d'entreprise “Savoir et Vouloir Entreprendre”(SEV).

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Les confitures de Nanaâ Ouanani

Ses confitures, “un produit local et artisanal qui n’a rien à envier aux confitures étrangères ni industrielles”, sont ainsi préparées sans conservateurs et proposées à des tarifs raisonnables, qui ne manquent pas d’attirer les visiteurs, qui se lèchent les babines.

Vers midi, les visiteurs étaient invités «aux couscous ». Sid Ali Lahlou montrait avec un certain humour le bel agencement des gassaates contenant les différentes variétés de couscous. « Ah, les amis, c’est si beau qu’on a envie juste de les regarder pour ne pas gâcher l’harmonie. Mais il faut bien y aller… ».

Le signal était donné. A nos couscous. Ceux qu’on connait. Et ceux que l’on découvre avec appétit. Cette manifestation, devenue régulière, montre, chaque année, à quel point le patrimoine culinaire de l’Algérie est aussi riche que méconnu… Après le couscous, les visiteurs ont continué d'affluer. Le terroir est un produit d'avenir. A condition de savoir le vendre...

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