TUNISIE
12/01/2016 12h:37 CET

Au moins 10 morts, dont 9 Allemands, tués dans un attentat-suicide à Istanbul, œuvre d'un kamikaze syrien de Daech (VIDÉOS)

INTERNATIONAL - Au moins 10 personnes ont été tuées et 15 autres blessées mardi matin à Istanbul dans une puissante explosion qui a secoué le quartier très touristique de Sultanahmet, près de la Mosquée bleue.

Cette explosion est due à "un attentat-suicide commis par un kamikaze d'origine syrienne", a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours public à Ankara. Les autorités ont ensuite précisé que l'auteur de l'attaque était un ressortissant syrien né en 1988, avant que le Premier ministre Ahmet Davutoglu n'indique qu'il s'agissait d'un jihadiste de l'Etat islamique.

Ahmet Davutoglu a ensuite annoncé à Angela Merkel en début d'après-midi que la plupart des morts étaient allemands. Neuf, selon un responsable turc. Lors de la conversation téléphonique, Davutoglu a présenté ses condoléances à la chancelière et indiqué que "les détails de l'enquête, menée méticuleusement, seront partagés avec la partie allemande", a précisé une source gouvernementale à l'AFP.

La déflagration, très puissante, s'est produite à 10h18 locales sur l'ancien hippodrome qui borde la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, les deux monuments les plus visités de la plus grande ville du pays.

Les premières photos prises sur place montrent plusieurs corps démembrés couchés sur le sol pavé de cette grande esplanade. Les secours et la police sont immédiatement arrivés en nombre sur les lieux et ont bouclé le périmètre, a constaté une journaliste de l'AFP.

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Un responsable gouvernemental turc a rapidement confirmé les récits de nombreux témoins sur place qui évoquaient la piste d'un attentat suicide. "Nous soupçonnons une origine terroriste", a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a lui convoqué une réunion de crise à Ankara.

"J'ai entendu une très forte explosion, et puis de nombreux cris. Et puis j'ai vu une boule de feu et je me suis enfui", a raconté à l'AFP un témoin sur place. "J'ai vu au moins dix personnes blessées, l'un d'entre eux était aidé par des touristes. Je suis sûr à 100% qu'il ne s'agissait pas d'une bombe mais d'un attentat suicide", a raconté ce Turc qui n'a pas voulu préciser son nom.

"Le sol a tremblé"

"L'explosion a été si forte que le sol a tremblé", a confirmé une touriste, Caroline. "Je me suis enfuie avec ma fille. Nous nous sommes réfugiées dans un bâtiment proche", a-t-elle poursuivi, "c'est vraiment effrayant".

La détonation a été entendue et ressentie jusqu'à la place Taksim, à plusieurs kilomètres de distance de Sultanahmet, a confirmé à l'AFP un témoin qui se trouvait sur place.

Après ce probable attentat, le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé ses ressortissants à éviter les lieux de rassemblements et sites touristiques de la ville. Même chose pour la France, où le Quai d'Orsay a conseillé par SMS aux 315 Français qui ont déclaré sur la plateforme internet Ariane du ministère qu'ils voyagent ou séjournent en ce moment à Istanbul, d'éviter les sites touristiques de la ville.

Tous les pays "qui sont attaqués par le terrorisme doivent être solidaires", a réagi Manuel Valls après cet attentat-suicide, précisant n'avoir "à ce stade aucune information" sur la présence éventuelle de Français parmi les victimes.

Dans le même temps, selon Al Jazeera Türk, un incendie se serait déclaré dans un autre quartier d'Istanbul –Maltepe–, dans un hôtel de 12 étages:

Série d'attentats dans le pays

La Turquie vit depuis plusieurs mois en état d'alerte depuis le double attentat suicide qui a fait 103 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara. Cette attaque, la plus meurtrière jamais survenue sur le sol turc, a été attribuée par les autorités à l'Etat islamique.

En janvier 2015, une kamikaze s'était fait exploser devant un poste de police sur le même site de Sultanahmet, blessant deux policiers. L'attaque avait été attribuée à une organisation d'extrême-gauche, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a commis plusieurs attentats ces dernières anées.

Le 23 décembre, l'aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive asiatique de la plus grande ville de Turquie, a également été la cible d'une attaque au mortier qui a fait 1 mort et 1 blessé.

Une organisation armée kurde, le groupe des Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) avait revendiqué l'opération en riposte aux "attaques fascistes qui réduisent en ruines les villes kurdes".

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris depuis l'été entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

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