ALGÉRIE
12/01/2016 01h:06 CET | Actualisé 12/01/2016 01h:06 CET

Syrie: 400 personnes à Madaya ont besoin d'être évacuées d'urgence

AFP

400 civils de la ville assiégée de Madaya, en Syrie, ont besoin d'une évacuation médicale d'urgence et l'ONU a demandé l'autorisation de le faire au gouvernement syrien, ont indiqué lundi des diplomates.

"Quatre cent personnes doivent être évacuées immédiatement et l'ONU espère le faire dès que possible, peut-être dès mardi", a indiqué à la presse le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien.

Il venait d'informer de la situation à Madaya et dans d'autres villes syriennes assiégées les ambassadeurs des 15 pays du Conseil de sécurité réunis à huis clos. "Les civils à évacuer sont en grand danger de mort et souffrent de malnutrition ou d'autres problèmes médicaux, a-t-il précisé. Pour les évacuer en sécurité par la route ou les airs, a-t-il ajouté, il faudra des assurances de la part du gouvernement syrien mais aussi d'autres parties".

La population de la ville rebelle syrienne de Madaya, qu'un premier convoi humanitaire a pu atteindre lundi, souffre de famine après six mois de siège par les forces gouvernementales.

Selon Médecins sans Frontières, 28 civils y sont morts de faim depuis début décembre.

"Il est important de noter qu'assiéger (une population civile) avec pour objectif de l'affamer est un crime de guerre", a souligné l'ambassadeur espagnol Roman Ozargun Marchesi. Il a cependant jugé positive l'autorisation donnée par Damas de ravitailler Madaya.

L'Espagne et la Nouvelle-Zélande, ainsi que la France, avaient demandé ces consultations du Conseil, qui va continuer de suivre la situation, selon l'ambassadeur espagnol.

L'ambassadeur français François Delattre a souhaité qu'une réunion formelle du Conseil, publique celle-là, soit rapidement organisée sur le sort des villes syriennes assiégées, où 400.000 civils sont pris au piège selon l'ONU.

Les premiers camions remplis de nourriture, de médicaments et de couvertures ont pénétré lundi à Madaya.

"Il faut que ce soit un commencement, pas seulement une opération ponctuelle", a souligné l'ambassadeur néo-zélandais Gerard van Bohemen. L'assistance humanitaire ne peut pas être l'otage de la politique".

L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a réclamé que tous les sièges soient levés pour sauver les vies des civils et pour promouvoir la paix en Syrie.

M. Delattre a fait valoir qu'améliorer la situation humanitaire ne pouvait que faciliter un règlement politique en Syrie, à moins de trois semaines de la date prévue pour l'ouverture de pourparlers de paix entre Syriens sous l'égide de l'ONU.

Les négociations inter-syriennes ne pourront pas reprendre sans une amélioration du sort des civils, a-t-il expliqué.

L'ambassadeur syrien Bachar Jaafari a de son côté affirmé qu'aucun civil n'était mort de faim à Madaya mais que des terroristes à l'intérieur de la ville volaient la nourriture.Il a accusé l'Arabie saoudite et le Qatar, deux ennemis jurés de Damas, de propager des mensonges dans le but de diaboliser le régime syrien et de saboter les prochains pourparlers de paix, prévus en principe à partir du 25 janvier à Genève
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La guerre en Syrie a fait 260.000 morts depuis mars 2011 et forcé des millions de Syriens à quitter leurs foyers et à s'exiler en nombre dans les pays voisins.

L'ONU s'efforce de porter secours à 4,5 millions de civils qui sont dans des zones difficiles d'accès, dont près de 400.000 sont assiégés par les forces du régime ou les groupes armés rebelles.

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