TUNISIE
11/01/2016 12h:32 CET | Actualisé 12/01/2016 07h:52 CET

Tunisie: L'un des six jeunes condamnés et bannis pour homosexualité témoigne du harcèlement subi en prison

In this June 3, 2015, image taken from video, a hallway is shown in the old Meriwether County jail in Greenville, Ga. The jail, southwest of Atlanta, fell into disrepair after it closed in the mid-1980s. The 119-year-old relic of narrow, aged hallways and small, worn prison cells is being renovated into a home and museum. (AP Photo/Alex Sanz)
ASSOCIATED PRESS
In this June 3, 2015, image taken from video, a hallway is shown in the old Meriwether County jail in Greenville, Ga. The jail, southwest of Atlanta, fell into disrepair after it closed in the mid-1980s. The 119-year-old relic of narrow, aged hallways and small, worn prison cells is being renovated into a home and museum. (AP Photo/Alex Sanz)

L'association Shams a rapporté le témoignage d'un jeune, parmi les six étudiants condamnés en première instance à trois ans de prison ferme et cinq ans de bannissement de la ville de Kairouan pour "pratiques homosexuelles".

Ce groupe a été remis en liberté provisoire jeudi au terme de la première audience de son procès en appel, contre le paiement de 500 dinars à titre de caution.

Amine (pseudonyme), âgé de 19 ans, raconte comment les policiers les ont tous obligés à subir le test anal:

"Au départ, j'ai refusé de subir le test, j’ai alors été roué de coup et torturé physiquement et mentalement. J’ai fini par accepter”...le médecin m'a ordonné de me baisser comme si j'allais faire la prière avant d’introduire un instrument dans l’anus du jeune homme et procéder à son examen fatidique.", a-t-il dit dans ce témoignage publié sur la page Facebook de l'association pour la défense des minorités sexuelles.

S'ajoute à la violence policière, selon lui, celle des détenus: “Les autres détenus nous battaient, nous touchaient dans nos parties intimes, nous enlevaient nos vêtements. Leur chef nous mettait au milieu et disposait les autres prisonniers en cercle autour de nous, puis nous frappait avec un bâton afin qu’on danse. Ils nous posaient des questions très intimes. Si on répondait, on nous frappait. Si on ne répondait pas, on nous frappait également”.

Face à ce témoignage, Olfa Ayari, présidente du syndicat des prisons et des institutions de réhabilitation pénitentiaire a catégoriquement nié ces accusations:

"Ces allégations sont inimaginables. Ces personnes tentent d'attendrir l'opinion publique à travers ces histoires. Qu'ils aillent faire des examens nécessaires auprès d'un médecin légiste s'ils détiennent des preuves tangibles", a-t-elle déclaré au HuffPost Tunisie.

"Je n'ai pas été forcé à avoir des relations sexuelles forcées. Cette agression est vérifiable auprès d'un médecin légiste. Pour nous, c'était plus de la violence psychologique et du harcèlement sexuel, des actes difficiles à prouver", a rétorqué le jeune homme, contacté par HuffPost Tunisie.

"Je vais porter plainte contre le médecin légiste qui nous a fait le test anal, les policiers ainsi que les détenus qui nous ont fait vivre l'enfer. Je garde toujours les séquelles puisqu'ils veulent des preuves tangibles", a-t-il dit.

Après sa sortie, Amine comptait passer ses examens dans son université mais ses amis l'en ont dissuadé: "Ils me disent que la colère gronde contre moi à la faculté de la part de certains et qu'ils vont me lyncher", dit-il.

Amine vit chez lui enfermé par sa famille. Il n'a le droit de sortir que rarement:

"Ils ont tellement peur pour moi!", précise-t-il.

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