ALGÉRIE
10/01/2016 00h:52 CET | Actualisé 10/01/2016 07h:19 CET

3ème sortie du général Khaled Nezzar pour démentir avoir proposé la présidence à Hocine Aït Ahmed

HuffPost Algérie

L'ancien ministre de la défense, le général Khaled Nezzar a répété, à nouveau samedi 9 janvier 2016, au cours d'une conférence de presse qu'il n'a jamais à "aucun moment" proposé à Hocine Aït Ahmed le poste de président de la République en 1992, suite à la démission du président Chadli Bendjedid.

Le général Khaled Nezzar s'exprimait pour la troisième fois en 24 heures au sujet d'un fait évoqué depuis plusieurs années déjà par Hocine Aït Ahmed et confirmé par des déclarations de Ali Haroun, ancien membre avec Khaled Nezzar du Haut-Comité d'Etat présidé par feu Mohamed Boudiaf.

Khaled Nezzar a évoqué ses deux rencontres avec Hocine Aït Ahmed, décédé mercredi 23 décembre 2015, après la démission officielle de Chadli Bendjedid de son poste en janvier 1992. "La nuit suivant la démission officielle du président, j'ai convoqué plusieurs responsables, dont feu Hocine Aït Ahmed, a déclaré Khaled Nezzar.

"Il était venu accompagné de deux autres personnes que je ne connaissais pas. Il était bouleversé et cela se voyait sur son visage car il a appris à la télévision, avant de me rencontrer, la démission du président.

"Des son entrée, il m'a alors lancé "c'est un coup d'état" et répété cela quatre fois", explique l'ancien ministre de la Défense. "Je lui ai répondu que je les ai justement convoqués lui et les autres responsables pour leur dire que le président a démissionné de son propre gré et pour réfléchir ensemble aux solutions de cette crise".

La deuxième rencontre a eu lieu quelques jours après, a poursuivi Khaled Nezzar. "Je l'ai rencontré à Dar El Afia (Alger) et nous sommes restés à discuter dans son jardin. Il m'a dit lors de cette rencontre qu'"il faut reprendre le processus électoral et ce qui est fait est fait".

"Durant la période de la transition démocratique en 1993, où nous devions assurer les deux années restants du mandat de Bendjedid, nous avons de nouveau sollicité Aït Ahmed qui se trouvait en Suisse", poursuivait le général à la retraite.

"Mon conseiller politique, le général Mohamed Touati a été chargé à deux reprises de rencontrer Si L'Hocine à Lausanne et le convaincre de rentrer au pays et participer avec nous à la gestion de la transition démocratique, ce qu'il a refusé".

Le conférencier a par la suite annoncé que le général Mohamed Touati animera dans les prochains jours une conférence pour "expliquer quelles étaient et comment s'étaient déroulées ses missions".

Seul contre tous

Dans un communiqué publié vendredi 8 janvier 2016 sur le site Algérie Patriotique, le ministre de la Défense de 1990 à 1993 a démenti avoir proposé le poste de président à Hocine Aït Ahmed, en réaction à des "informations sans nombre, dont certaines constituent de flagrantes contre-vérités, qui inondaient les champs médiatiques".

Il s'agissait en réalité de la publication par des médias d'une vidéo ancienne et connue de tous de Hocine Aït Ahmed, dans laquelle il expliquait pourquoi il a refusé la proposition du général Khaled Nezzar. Une vidéo que ce dernier affirme n'avoir jamais vu avant le décès du fondateur du FFS. Il a réitéré encore n'avoir "jamais fait un telle offre".

Les déclarations de Khaled Nezzar étaient néanmoins clairement contredites par le témoignage de Ali Haroun, à l'époque membre du Haut Comité d'Etat (HCA), qui affirmait à la chaîne France 5 que le général major Nezzar "est allé voir Aït Ahmed pour lui dire: venez avec nous et vous serez le président. Vous êtes le dernier historique présent, vous serez président".

Dans la même vidéo, le fondateur du FFS révèle lui aussi s'être vu proposer par l'ancien ministre de la Défense le poste de président de la République.

Maître Mokrane Aït Larbi a réagi aux déclarations de l'ancien ministre de la défense en s'étonnant qu'il n'ait pas répondu du vivant de Hocine Aït Ahmed. "Tous les médias ont publié les déclarations de Hocine Aït Ahmed avant son décès au sujet de la proposition de Nezzar" lequel s'est étonné qu'un Algérien puisse refuser le poste de chef de l'Etat.

"Khaled Nezzar devait répondre quand Hocine Aït Ahmed était encore vie" s'est indigné Mokrane Aït Larbi. "Ali Haroun a réitéré après le décès de HHA a déclaré que le poste de chef d'Etat a été bien proposé au leader du FFS et qu'il l'a l'a refusé car "il a des principes"


Décès de Hocine Ait Ahmed: Mokrane Ait Larbi...par Enahartv

Ali Haroun a effectivement déclaré le 28 décembre 2015 au journal El Watan que Hocine Aït Ahmed a refusé la proposition de devenir président. "Il a refusé d’être Président car il pensait que l’arrêt du processus électoral était un coup d’Etat. Or, nous avons essayé de le convaincre que ce n’était pas le cas..."

Le général Mohamed Betchine, ancien responsable de la sécurité militaire et conseiller du président Liamine Zeroual abonde dans le même sens. Dans une déclaration faîte à Ennahar, le général Betchine affirmé que "Nezzar a bien proposé à Aït Ahmed de devenir président".

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