TUNISIE
07/01/2016 12h:59 CET | Actualisé 07/01/2016 13h:05 CET

Tunisie: Retour sur le remaniement du gouvernement Essid 2 en infographies

Tunisia's prime minister Habib Essid adresses the parliament in Tunis, Wednesday, July 8, 2015. ays that authorities believe plots aimed at massive deaths and destruction of the country's economy are in the works, and justify the state of emergency declared after a second deadly attack on tourists in three months. (AP Photo/Hassene Dridi)
ASSOCIATED PRESS
Tunisia's prime minister Habib Essid adresses the parliament in Tunis, Wednesday, July 8, 2015. ays that authorities believe plots aimed at massive deaths and destruction of the country's economy are in the works, and justify the state of emergency declared after a second deadly attack on tourists in three months. (AP Photo/Hassene Dridi)

L'annonce du nouveau gouvernement de Habib Essid aura fait jaser certains politiciens mais aussi des internautes sur les réseaux sociaux.

En attendant le vote de confiance dont la date n'a toujours pas été fixée, certains ministres sont loin de faire l'unanimité.

Premier constat: entre le premier gouvernement de Mohamed Ghannouchi, le 17 janvier 2011 et celui d'Essid 2, le 06 janvier 2016, la Tunisie a nommé 319 ministres ou secrétaires d'État ayant rang de ministres.

Durant les cinq années qui ont suivi la révolution, les gouvernements qui ont comptabilisé le plus de ministres ou de secrétaires d'État ayant rang de ministres, sont ceux de Hamadi Jebali et celui d'Essid 1, avec 42 membres.

Le gouvernement Essid 2 comptabilise quant à lui 30 membres seulement, ce qui le classe à la deuxième place des gouvernements les moins larges, juste derrière celui de Mehdi Jomâa (avec 29 membres).

Plusieurs internautes ont remarqué que depuis la révolution, 184 ministres et secrétaires d'États ont été membres du gouvernement.

Un gouvernement plus jeune?

Le nouveau gouvernement tunisien est indéniablement plus jeune que le précédent.

Sans prendre en compte l'âge du chef du gouvernement, la moyenne d'âge du gouvernement Essid 1 était de 56 ans. Celle du nouveau gouvernement passe à 52 ans et 7 mois, soit une moyenne de 3 ans et 3 mois de moins.

Le ministre le plus âgé du gouvernement Essid 1 était Othman Battikh, ministre des Affaires Religieuses âgé de 74 ans, alors que celui du gouvernement Essid 2 est Mohamed Khalil, lui aussi ministre des Affaires Religieuses qui a 64 ans.

Le ministre le plus jeune de ce gouvernement, mais aussi du précédent, reste Zied Ladhari, ministre de l'emploi, âgé seulement de 40 ans.

L'empreinte Hafedh Caïd Essebsi?

La division du parti Nida Tounes en deux clans rivaux conduits par Hafedh Caid Essebsi d'un côté (fils du président de la république) et Mohsen Marzouk de l'autre (qui a fini par quitter le parti), a aussi marqué ce gouvernement selon plusieurs internautes. L'absence de ministres "pro-Marzouk" est significative. Le politologue Salaheddine Jourchi affirmé dans ce sens à l'AFP "que dans ce remaniement tous les éléments proches de M. Marzouk ont été éloignés".

Qu'en pensent les politiques?

De nombreuses voix s'élèvent déjà contre la composition du nouveau gouvernement moins de 24 heures après l'annonce.

Tout d'abord celle de l'UGTT, qui dans un communiqué a appelé le chef du gouvernement et l'Assemblée à "rectifier le tir". Le syndicat estime que "les ministres nommés par le chef du gouvernement ont bénéficié d’une distribution partisane de postes et n’ont pas été affectés pour leurs compétences."

Même son de cloche du côté du député du Front Populaire, Zied Lakhdhar qui a estimé dans une déclaration à Mosaique FM que ce remaniement s'était fait sur la base "d'arrangements partisans".

Selon lui, la crise vécue au sein de Nida Tounes a permis à d'autres partis, à l'instar d'Ennahdha, de faire pression sur Habib Essid, ce qui expliquerait que Najem Gharsalli, ex-ministre de l'intérieur ne soit pas reconduit.

De son côté, Ghazi Chaouachi, député du Courant Démocrate, a affirmé sur Shems FM que son parti n'accordera pas sa confiance au gouvernement.

Du côté d'Ennahdha, ce gouvernement sera "à priori accepté" a indiqué Abdelfattah Mourou à Shems FM qui rejoint celle de son collègue Abdellatif Mekki, ayant tenu les mêmes propos quelques heures plus tôt sur Mosaique FM.

Ce dernier, estime que bien que précipitée, cette mouture était attendue malgré l'inquiétude que suscite "la nomination d'un dirigeant influent aux Collectivités Locales", visant par là Youssef Chahed, nouveau ministre des Collectivités Locales et membre du bureau exécutif de Nida Tounes.

Du côté de certains députés de Nida Tounes, certains choix, comme l'éviction du ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli restent inexplicables, comme l'a affirmée Bochra Belhaj Hmida à l'AFP: "C'est un ministre qui s'est engagé dans les réformes et on le change. D'autres ministres qui ont échoué n'ont pas été remplacés", a t-elle regretté. D'après elle, "ce gouvernement n'est pas assez fort, pas assez audacieux pour prendre les grandes décisions".

À peine nommé, ce gouvernement est déjà loin de faire l'unanimité.

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