MAROC
07/01/2016 12h:30 CET

Maroc: Le retard des pluies aura bel et bien des répercussions sur la croissance

Le retard des pluies aura bel et bien des répercussions sur la croissance marocaine

AGRICULTURE - Alors que la pluie se fait toujours attendre dans le royaume, l'économie nationale devrait pâtir de la baisse de rendement agricole. Selon les prévisions faites par le Haut commissariat au plan (HCP), le PIB global devrait connaître une hausse de 2% au premier trimestre de 2016 contre 4,1% à la même période l'année dernière.

Après une campagne 2014-2015 "exceptionnellement bonne", l’économie nationale devrait ainsi connaître "un sensible mouvement de ralentissement" ces trois prochains mois, "bridée par le retournement à la baisse des activités agricoles", note le HCP dans sa note de conjoncture.

Ce retournement est dû à "une baisse conjuguée des rendements et des superficies semées des cultures précoces, sur fond d’une contraction de plus de 51% du cumul pluviométrique automnal", par rapport à la même période d’une année normale.

"L'économie marocaine est largement tributaire de la pluviométrie", rappelle Najib Akesbi, économiste spécialiste des politiques agricoles, interrogé par le HuffPost Maroc. "Lorsque l'on dresse la courbe des précipitations, celle du PIB agricole et celle du PIB national, il existe une corrélation quasi parfaite entre les trois", indique-t-il.

"Le problème, c'est qu'aujourd'hui encore, environ 15% seulement des surfaces cultivables du pays sont irriguées. Ce qui signifie que 85% des terres marocaines restent dépendantes des aléas de la pluie", explique-t-il.

"L'année de vérité"

Pour l'économiste, 2016 sera "l'année de vérité" pour le Plan Maroc Vert, stratégie lancée en 2008 pour faire du secteur agricole un des leviers du développement socio-économique national. "Malheureusement, l'accent a surtout été mis sur l'agriculture intensive et d'exportation, qui ne concerne pourtant qu'une minorité d'agriculteurs", déplore M. Akesbi, "alors que la sécurité alimentaire nationale, surtout en temps de sécheresse, est primordiale".

Dans l’ensemble, et sous l’hypothèse d’une récolte céréalière en dessous de la moyenne d’environ 15% et d’une croissance modérée des autres productions végétales, la valeur ajoutée agricole s’infléchirait de 3,4%, en variation annuelle, en ce début 2016, indique le HCP.

En 2014, l’agriculture a représenté 14,6% du Produit intérieur brut (PIB) du Maroc et près de 40% de l’emploi, dont 75% en milieu rural.

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