MAROC
07/01/2016 09h:00 CET

Pourquoi la com' économique de la Chine ne convainc plus la bourse

Le président Xi Jinping dans le clip de propagande du dernier plan quinquennal chinois.
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Le président Xi Jinping dans le clip de propagande du dernier plan quinquennal chinois.

BOURSE - Krach, boum, hue! Les investisseurs en bourse du monde entier connaissent un début d'année chaotique à cause de la Chine. Ce 7 janvier, la bourse de Shanghai a suspendu sa cotation pour la deuxième fois de la semaine, après une chute de 7%.

Aussitôt, elle a entraîné les places occidentales dans sa chute. Ce matin, le Cac 40 a ouvert en net recul de presque 3%. Mêmes réactions à la bourse de Londres, et de Francfort.

Cette deuxième interruption de séance en quatre jours inquiète les investisseurs quant à la portée du ralentissement de l'économie chinoise, un des poumons de la croissance économique mondiale avec les Etats-Unis.

L'étincelle qui a mis le feu au poudre ce 7 janvier a été la décision de la Banque centrale chinoise de dévaluer à nouveau le yuan, à son taux le plus bas depuis mars 2011. C'est le huitième mouvement de baisse consécutif décidé par la banque centrale, et le plus fort depuis août.

Pour les investisseurs, le message est difficile à interpréter. Une dévaluation du yuan vise a notamment à relancer les exportations, dans un contexte connu de ralentissement de la croissance.

En revanche, de plus en plus de voix s'élèvent pour interroger les prévisions officielles. Selon celles de la Chine, reprises par le FMI, la croissance de l'Empire du Milieu a été de 6,8% en 2015 et serait de 6,3% en 2016.

Les prévisions officielles de croissance sont à prendre avec des pincettes

Mais, faut-il le rappeler?, la Chine n'est pas un pays libre, ni politiquement, ni économiquement. Qui accepte ces chiffres accepte de faire confiance au Parti communiste chinois.

Ce crédit excessif accordé à la communication, pour ne pas dire propagande, chinoise a entraîné cet économiste de l'Institut Xerfi, d'habitude très mesuré, à pousser un coup de gueule.

Pour contourner ces données officielles, des indicateurs alternatifs existent. Par exemple, l'indice Li Keqiang se base sur la consommation d'électricité, le fret ferroviaire et les prêts bancaires. En août dernier, ce type d'information a permis à Patrick Artus, directeur de la recherche de la banque Natixis, d'annoncer une croissance chinoise de 2% pour 2015...

Entre les 7% de croissance officielle du PIB en 2015 et 2%, voire 0% pour les plus pessimistes, il y a quand même une différence d'environ 700 milliards de dollars d'activité économique. Soit la différence entre le refroidissement salutaire d'une économie en surchauffe, et un pays au bord de la récession.

Quand on sait que la Chine est la deuxième plus grosse économie de la planète, on comprend mieux pourquoi le moindre signe de faiblesse de son marché boursier entraîne une panique dans le monde entier. Sans oublier que la bourse chinoise a déjà connu une dégringolade d'anthologie l'an dernier...

"La Chine a un très gros problème d'ajustement", a déclaré le célèbre milliardaire George Soros. "Je dirais que c'est bien une crise. Quand je regarde les marchés financiers, je vois une situation sérieuse qui me rappelle la crise que nous avons eu en 2008."

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