ALGÉRIE
06/01/2016 06h:49 CET

Constitution: une révision "non réformatrice" froidement accueillie par l'opposition, "sceptique"

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L'avant-projet de la révision de la Constitution, dévoilé hier, mardi 05 janvier par le directeur de cabinet de la présidence, Ahmed Ouyahia, ne suscite aucun engouement chez les partis politiques de l'opposition. Loin de là, un accueil "froid", a été réservé à ce texte, "non consensuel", ne reflétant pas les propositions des partis et ne contenant aucune "avancée réelle".

Dans un document communiqué via la page Facebook, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a qualifié cet avant-projet de la révision de la constitution de texte "non constitutionnel ni réformateur", "ne représentant que les intérêts du président de la république et son entourage".

Dans le même texte, le parti islamiste présidé par Abderrezak Mokri a estimé que cette révision ne représente aucunement les propositions de la classe politique, réitérant que la vraie problématique politique en Algérie ne réside pas dans ces textes, mais dans la corruption et le non-respect des lois.

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Posté par ‎حركة مجتمع السلم - حمس‎ sur mercredi 6 janvier 2016

De son côté, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), relayé par Algérie Patriotique, a exprimé son "scepticisme" quant à cette révision, n'y "voyant pas une avancée réelle sur la voie de la démocratisation des institutions".

Le parti de Mohcine Belabbas a d'emblée souligné le manque de transparence qui a marqué l'élaboration de cet avant-projet, "rendu public après une incubation de plusieurs années effectuée dans l’opacité sans que l’on connaisse, aujourd’hui encore, les modalités" de son adoption.

Évoquant le choix électoral, le RCD a appelé dans un communiqué à la "clarification" et la "vigilance", avant de qualifier l'annonce de la mise sur pied de la commission indépendante de surveillance des élections d'"offre en trompe-l'oeil".

Le même parti a toutefois salué la promotion de la tamazight langue nationale et officielle.

Ali Benflis, candidat à la présidentielle en 2014 et président du parti de Talaie El Houriat, a indiqué dans une déclaration à TSA que cette révision ne lui a "inspiré que des réactions attristées".

Tout comme le MSP, il a ainsi estimé qu'il est "triste" que la constitution soit "instrumentalisée par le régime politique en place, "à la seule fin de gagner des sursis et de durer".

Le parti islamiste d'Ennahda, présidé par Mohamed Douibi et rapporté par le site Al Jazeera, a regretté que les autorités adoptent les mêmes méthodes de réformes et de révisions des textes, loin "d'un esprit consensuel politique national".

D'autres partis de l'opposition se sont abstenus de commenter cet avant-projet de révision de la constitution, dont le Front des Forces Socialistes (FFS), endeuillé par le décès de Hocine Aït Ahmed.

Dévoilé hier à la résidence Al Mithaq d'Alger, cet avant-projet prévoit le rétablissement de la limitation des mandats, l’officialisation de la langue, amazighe, et la suppression définitive du délit de presse, entre autres.

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