ALGÉRIE
06/01/2016 13h:06 CET | Actualisé 06/01/2016 13h:06 CET

La crise entre Ryad et Téhéran sans impact sur les prix: le baril sous les 35 dollars

A man rides a camel through the desert oil field and winter camping area of Sakhir, Bahrain, Sunday, Dec. 20, 2015. Many Bahrainis head out to the desert during their free time in the winter months, enjoying picnics and socializing. (AP Photo/Hasan Jamali)
ASSOCIATED PRESS
A man rides a camel through the desert oil field and winter camping area of Sakhir, Bahrain, Sunday, Dec. 20, 2015. Many Bahrainis head out to the desert during their free time in the winter months, enjoying picnics and socializing. (AP Photo/Hasan Jamali)

Les records à la baisse du prix du baril se poursuivent et s'accélèrent. Le prix du Brent, en baisse de 4% est passé mercredi sous la barre des 35 dollars pour la première fois depuis 11 ans. Le WTI, référence américaine, était en forte baisse à New York pour s'établir, en début d'après-midi, à 34,58 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

En théorie, les tensions géopolitiques et notamment la crise actuelle entre les deux pays pétroliers comme l'Arabie saoudite et l'Iran consécutive à la décapitation du cheikh chiite Nimr al-Nimr sont de nature à pousser les prix à la hausse.

Il y a eu, lundi, un effet de réflexe mécanique sur les marchés asiatiques après la décision de Ryad de rompre ses relations avec Téhéran. Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en février progressait de 48 cents à 37,52 dollars alors que le Brent gagnait 61 cents à 37,89 dollars.

Mais ce mouvement s'est vite estompé. La surproduction du pétrole couplée à une demande faible l'emporte totalement sur les facteurs géopolitiques. C'est d'ailleurs pour les analystes et les cambistes un facteur particulièrement inquiétant de constater que des tensions aussi grave ne permettent pas d'imprimer une tendance vers la hausse des prix.

Il y a quelques années, une crise irano-saoudienne aussi grave auraient entrainé une hausse du prix du baril à des niveaux sans précédents. Les acteurs du marché ont également la conviction que les tensions actuelles entre les deux pays pétroliers qui comptabilisent des réserves estimées à 400 milliards de baril n'iront pas jusqu'au conflit armé.

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Un baril à 20 dollars ?

Autre facteur qui réduit l'impact des tensions irano-saoudiennes : l'existence d'une offre alternative dans la production du pétrole de schiste en Amérique. L'impact de la crise entre Ryad et Téhéran est ainsi totalement amorti par la surabondance de l'offre.

Pour certains analystes, les tensions qui montent entre les deux pays pourraient même avoir un impact plus certain vers la baisse. Au sein de l'OPEP, l'Arabie Saoudite va continuer à faire la sourde oreille aux pays membres qui veulent que l'organisation reprenne son rôle de régulateur du marché.

Le fait que l'Iran fasse partie de ces pays n'est pas de nature à infléchir la position de Ryad. L'Iran a de côté averti que si l'OPEP ne faisait rien pour soutenir les prix qu'il augmenterait sa production de 1,5 millions baril/jour au cours des six mois qui suivront la levée des sanctions. Les deux pays vont ainsi mettre plus de pétrole sur un marché déjà saturé.

Cela explique pourquoi les prix vont continuer à baisser. Le dollar fort et les mauvais signaux de l'économie constituent des facteurs aggravants. L’hypothèse d’un baril à 20 dollars avancé par une grande banque américaine ne parait plus… hypothétique.

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