MAGHREB
06/01/2016 08h:14 CET | Actualisé 06/01/2016 11h:45 CET

Tunisie: L'utilisation des voitures administratives coûte 760 millions de dinars par an à l'État

760 milliards minimum: Tel est le coût annuel de l'utilisation des voitures administratives à des fins personnelles selon l'Association Tunisienne de Lutte contre la Corruption (ATLUC).

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"Il y' a un PDG, qui a par exemple, 5 voitures de luxe à sa disposition. Trois qui sont à sa disposition personnelle, et deux... pour sa famille avec chauffeur et l'autre qu'il met à disposition de son bureau et même de sa secrétaire", a affirmé le président de l'association, Brahim Missaoui dans un reportage diffusé mardi sur El Hiwar Ettounsi.

D'après l'association, la Tunisie compte 700.000 fonctionnaires et 84.000 véhicules administratifs, soit près d'une voiture pour huit fonctionnaires.

Toujours selon l'Association Tunisienne de Lutte contre la Corruption (ATLUC), le nombre de voitures administratives en Tunisie a augmenté, passant à 11000 unités entre 2012 et 2015, et dont les divers frais s'élèvent à 760 milliards par an, dont 540 destinés à la consommation d'essence.

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S'agit-t-il d'une dilapidation de l'argent public ou de corruption? "Un peu des deux" affirme Brahim Missaoui sur El Hiwar Ettounsi, mais c'est avant tout, l'absence de contrôle et de sanctions contre les contrevenants, selon le ministère du Domaine de l'État et des Affaires Foncières.

Pour le contrôleur général de ce ministère, Mohamed Snoussi, le contrôle est difficile à mettre en oeuvre faute de moyens: "Le contrôle (de l'usage des voitures administratives) se fait à travers des outils du ministère de l'Intérieur" affirme t-il dans le reportage diffusé lors de l'émission 24/7, avant d'ajouter: "Après la révolution du 14 janvier 2011, le ministère de l'Intérieur a d'autres obligations sécuritaires qui sont prioritaires au contrôle des voitures administratives".

Le 2 mai 2014, le gouvernement Mehdi Jomâa avait proposé de "remplacer les voitures de fonction au sein des institutions et établissements publics par une prime financière" et de "remplacer les bons d'essence en une prime financière compensatoire avec une réduction de leur valeur de 10%", ce qui a donné lieu à de fortes contestations dans l'administration publique, amenant le gouvernement à faire marche arrière.

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