ALGÉRIE
05/01/2016 11h:36 CET | Actualisé 05/01/2016 15h:01 CET

A Taghit, le passage des touristes provoque des dégâts et du mécontentement

A Taghit (Béchar), les élèves et les agents de l’éducation nationale sont très mécontents. Le passage par les établissements de leur commune d’une partie des 1300 jeunes visiteurs amenés par le ministère de la jeunesse et des sports dans le cadre de l’opération "l’Algérie dans le giron de son Sahara" a laissé de mauvaises traces.

C’est le cas des élèves du lycée et du CEM de Taghit, l’enchanteresse commune de la Saoura (100 km au sud-ouest de Bechar) qui n’ont pas pu reprendre normalement leurs cours aux lendemains des vacances d'hiver et qui ont dit leur colère.

Le spectacle laissé par le passage des invités qui se sont installés dans les établissements dans le cadre de l’opération "l’Algérie dans le giron de son Sahara" était désolant : chaises, tables et portes cassées, matériel pédagogique dégradé, dortoirs et literies éventrés, réfectoires saccagés.

En colère, des employés du secteur de l'éducation, des professeurs et des lycéens de Taghit (Béchar) ont organisé ce mardi 05 janvier un sit-in pour dénoncer les dégradations subies par leurs établissements, au cours de la manifestation touristique qui s’est déroulée du 26 décembre 2015 au 2 janvier 2016.

Ils s’indignaient de l’absence d’encadrement sérieux des jeunes touristes venus de 48 wilayas. Les lycéens et collégiens ont passé la demi-journée de dimanche à remettre en ordre leur lieu d’études et de vie, avant d’organiser l’action de protestation ce mardi 05 janvier (voir vidéo) pour interpeller les autorités locales.

Rien n’échappe à l’agression des touristes du réveillon

« Nous ne sommes pas contre le tourisme. Nous voulons même le soutenir. Mais ce qui vient d’arriver ne doit plus jamais se reproduire » déclare en substance le texte distribué à la population locale.

Les stigmates du passage des milliers de visiteurs du réveillon à Taghit se font de plus en plus voyants d’année en année. Les détritus sont restés éparpillés partout plusieurs jours après le passage au nouvel an.

Les rues de Taghit ou s’établissent les commerçants, la Grande Dune envahie pour le dernier couché de soleil de l’année, les palmeraies environnantes, lieux de nouveau gîtes.

« Il ne reste plus d’endroit qui échappent à l’agression des touristes du réveillon et la mairie de Taghit n’a aucune réponse à ce désastre qui se renouvelle tous les ans », déplore Zohir guide touristique établit dans le vieux Ksar de Taghit.

L’opération du MJS et ses 1300 jeunes algériens visitant le Sahara, une initiative généreuse à l’origine, a échappé semble-t-il à ses organisateurs locaux, jusqu’à atteindre les conditions de la scolarité des jeunes de Taghit.

Ces employés déploraient l'état dans lequel se trouvaient les établissements scolaires de la localité, où avaient séjourné plus de 1.200 touristes issus de 48 wilayas dans le cadre de la manifestation touristique susnommée.

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Lors de leur sit-in ce matin, les protestataires affirmaient avoir constaté à leur retour des vacances d'hiver, dimanche 3 janvier, de nombreux dégâts et dégradations causées aux biens et matériels du lycée et du CEM de la commune.

Dans un communiqué émis par ces employés, des chaises et tables, des portes et d'autres équipements des cantines et de dortoirs ont été endommagés.

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Les manifestants ont également déploré des "comportements indignes" survenus dans leurs salles au cours du séjour des touristes, expliquent-ils dans le même document.

A travers cette manifestation, les employés du secteur désirent attirer l'attention des autorités, rajoutent-ils, notamment le responsable de la daïra, le wali de Béchar et la Direction de l'éducation.

"Il ne reste plus d’endroits qui échappent à l’agression des touristes du réveillon et la mairie de Taghit n’a aucune réponse à ce désastre qui se renouvelle tous les ans", déplore Zohir guide touristique établit dans le vieux Ksar de Taghit.

Les mêmes protestataires réitèrent également ne pas être "contre le tourisme". "Nous voulons même le soutenir. Mais ce qui vient d’arriver ne doit plus jamais se reproduire", affirmaient-ils en évoquant "certaines pratiques ayant profané" ces établissements scolaires.

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