ALGÉRIE
04/01/2016 03h:00 CET | Actualisé 04/01/2016 03h:14 CET

Ahlam Mostghanemi: "Da l'Ho a dit "oui" à la seule Algérie, il a dit "non" aux voleurs de pays et de rêves.."

La romancière Ahlam Mostghanemi
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La romancière Ahlam Mostghanemi

La romancière algérienne Ahlam Mostghanemi a posté, vendredi, sur sa page Facebook, au moment de l'enterrement de Hocine Aït Ahmed, dans son village, un vibrant hommage à l'homme qui a dit "oui" à la seule Algérie et qui a dis "non" au brigands de l'histoire, aux voleurs de pays et de rêve. En voici la traduction.

En ces instants de ce vendredi béni, la terre de la patrie accueille le dernier des aigles de l’Algérie. Da l’Hocine, comme on appelle les honorables en Kabylie, est revenu de son exil qui a duré une vie pour sa dernière demeure.

Aït Ahmed était un des fondateurs du Front de Libération, l’un des neuf qui ont déclenché la révolution contre le colonisateur en 1954. C’est l’homme qui n’a dit «oui » qu’à l’Algérie. Durant toute sa vie, il a dit «non » à tous les coupeurs (de la route) de l’histoire, à tous les despotes, à tous les voleurs de pays et de rêves du peuple.

Il a refusé des postes officiels à travers lesquels on tentait d’acheter sa conscience et de faire taire sa voix, il a gagné dans le cœur des Algériens le statut des héros éternels. Le fils de la majestueuse Kabylie, le révolutionnaire qui a été un don des montagnes du Djurdjura au pays, a conservé jusqu’à sa mort son titre : Da l’Hocine, « l’éternel opposant », vivant ou mort.

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Il nous est revenu grand et digne, comme il a vécu. Il a recommandé de refuser l’offre de l’Etat algérien de ramener sa dépouille dans un avion, son épouse a refusé d’utiliser un véhicule officiel pour le suivre dans le convoi funèbre. Il a quitté l’aéroport pour son village natal en traversant la capitale au milieu des applaudissements.

A son arrivée, à son village natal, il a été enterré à côté de sa mère, morte en 1983, il n’avait pu assister à son enterrement car menacé d’emprisonnement. Des milliers d’Algériens sont venus de partout pour l’accueillir, pour prier, en scandant son slogan éternel : « Algérie, libre et démocratique » entrecoupé de profession de foi…

La mort est-elle devenue le plus grand référendum de l’amour du peuple ? Le cercueil est-il devenu la seule urne populaire non susceptible de fraude ? Da l’Hocine, ô descendant de Mrabtine et des saints patrons, dors en paix très cher. L’Algérie pour laquelle tu t’es battu et que tu as aimée jusqu’au bout, cette Algérie-là t’a dit, dans les larmes et les youyous : « je t’aime ».

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