MAROC
03/01/2016 18h:56 CET | Actualisé 04/01/2016 05h:52 CET

Crise entre l'Arabie saoudite et l'Iran: De quel côté se range le Maroc?

AFP

DIPLOMATIE - Le torchon brûle entre l'Arabie saoudite et l'Iran depuis l’exécution par Riyad d’un important dignitaire religieux chiite, le cheikh Nimr Baqer Al-Nimr, samedi 2 janvier. Dans la foulée, des manifestants ont envahi l'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran, causant la destruction partielle du bâtiment. Dimanche, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a prévenu que "la main divine" vengerait l'exécution de "ce martyr" tué "injustement", avant que le ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Al-Joubeir, n’annonce la rupture des relations entre son pays et Téhéran dimanche soir.

De quel côté se range le Maroc?

Dans un communiqué publié dimanche, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar, a souligné que le royaume "suit avec beaucoup d'attention l'évolution de la situation (…) et compte sur la sagesse des responsables saoudiens et iraniens afin d'éviter que la situation actuelle ne s'étende à d'autres pays de la région, déjà confrontés à de nombreux défis et à des éléments de fragilité multiples", craignant que "les débordements en cours ne prennent une dimension ingérable dans les heures et les jours qui suivent".

Bien qu’il entretienne des liens étroits avec l’Arabie saoudite, aussi bien sur le plan économique que politique et militaire - les soldats marocains combattent actuellement au sien de la coalition arabe contre les rebelles chiites houthis au Yémen sous l'égide de l'Arabie saoudite – le Maroc fait ainsi preuve de neutralité dans ce conflit qui enflamme le Moyen-Orient.

Ses relations avec l’Iran sont en revanche moins apaisées. La dernière crise diplomatique remonte à juin 2015, date à laquelle un article publié par l'agence de presse iranienne qualifiait le Maroc d'"otage des politiques sionistes". Mbarka Bouaida, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, avait alors convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade iranienne à Rabat et exprimé le "mécontentement du Royaume du Maroc face à ce procédé irresponsable qui sape les efforts des deux pays visant à rétablir la confiance".

Si le Maroc fait preuve de modération dans ce nouvel épisode de la confrontation irano-saoudienne, ce n’est pas le cas d’autres pays alliés de l’Arabie saoudite qui se sont entièrement rangés du côté de Ryad. Dimanche, le secrétaire général de la Coopération des Etats du Golfe (CCG), Abdellatif Ben Rached al-Zayani, a condamné les attaques contre l'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran et fait porter la responsabilité aux autorités iraniennes compétentes, soulignant que "leur échec à empêcher ces attaques constitue une grave violation par l'Iran des dispositions de la convention de Vienne de 1961 et de la légalité internationale relatives à la protection des représentations diplomatiques".

Le secrétaire général du CCG s'est également élevé contre "les déclarations iraniennes agressives et provocatrices suite à la mise en application par Riyad de sentences légales contre des terroristes", estimant qu'elles représentent une "ingérence flagrante" dans les affaires internes de l'Arabie saoudite. Les Émirats arabes unis, alliés de Riyad, ont convoqué dimanche l'ambassadeur d'Iran et lui ont remis une note de protestation.

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