ALGÉRIE
31/12/2015 01h:59 CET | Actualisé 31/12/2015 05h:55 CET

Procès Sonatrach I: le principal accusé a nié en bloc les charges retenues contre lui

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La quatrième audience du procès consacré à l'affaire Sonatrach s'est poursuivie hier mercredi 30 décembre par l'audition, pour la deuxième journée consécutive, du principal accusé, le président directeur général du groupe algéro-allemand Contel Funkwerk, Al Ismaïl Djaafar Mohamed Réda qui a nié en bloc les charges retenues contre lui.

Le principal accusé doit répondre des chefs d'inculpation "d'association de malfaiteurs, passation de marchés en violation de la législation et du règlement en vigueur, corruption, blanchiment d'argent et dilapidation de deniers publics".

A l'ouverture de la 4eme audience de ce procès, impliquant 19 personnes dont d'ex-hauts responsables du groupe Sonatrach et de sociétés étrangères pour des faits liés à la "corruption", le président du tribunal criminel d'Alger a annoncé le rejet par la Cour suprême du pourvoir en cassation "infondé" introduit par la défense de plusieurs accusés.

Selon la Cour suprême, Sonatrach est régie par le code des marchés publics, conformément a un décret présidentiel qui affirme qu'elle "s'y réfère dans l'organisation et la passation de marchés", a précisé le magistrat.

Lors de l'audition du principal accusé, le juge a évoqué les procès verbaux que celui-ci avait signé au niveau de la police judiciaire et au sujet desquels le mis en cause avait dit qu'il les avait signés sous la contrainte sans les avoir lus, précisant que les agents de la police judiciaire avaient mal interprété ses déclarations sur la méthode qu'il suivait dans la gestion de ses affaires et la conclusion de contrats avec la société Sonatrach.

Le magistrat lui a alors montré les documents téléchargés qui lui ont été confisqués, comprenant des contrats consultatifs numériques au nom de l'épouse du PD-G de Sonatrach, en sa qualité de consultante auprès de groupe allemand Contel Funkwerk, alors qu'elle était femme au foyer et qu'elle n'était pas qualifiée pour occuper ce poste, qui offre d'importants avantages financiers.

L'accusé Al Ismaïl Djaafar Mohamed Réda a dit à cet effet que cette copie numérique et une autre appartenant au fils de M. Meziane n'était qu'un brouillon qu'il avait rédigé sans réfléchir et qu'il détenait en vue de le montrer au dénommé Meziane Redha, en cas où il lui la demanderait, car il désirait occuper le poste de consultant au niveau de Sonatrach, avant que sa demande ne soit rejetée.

Le magistrat s'est interrogé sur les sommes que l'accusé avait obtenues de la même personne en sa qualité de consultant au niveau de l'entreprise, alors qu'il était président directeur général de sa filiale en Algérie. Fait que l'accusé a qualifié "d'ordinaire" parce qu'il occupait le poste de consultant et non de PDG de la filiale algérienne.

Le mis en cause a nié avoir entretenu une relation personnelle avec le fils du PDG de Sonatrach pour bénéficier d'avantages ou profiter de marchés. Il a ajouté qu'il souffrait des retards accusés dans le paiement des fonds alloués aux projets dont il avait la charge, allant jusqu'à 4 ou 5 mois, sans penser à faire intervenir ses relations pour remédier à ce problème.

Le mis en cause avait déclaré lors de l'audience tenue mardi sa méconnaissance totale du contenu du code algérien des marchés publics qui interdit "catégoriquement" la conclusion de marchés dont le coût s'élève à 197 milliards de centimes, au gré à gré.

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