ALGÉRIE
29/12/2015 16h:47 CET | Actualisé 30/12/2015 01h:29 CET

370 millions d'euros transférés illicitement en 2015 dans le cadre du dispositif d'emploi des jeunes

Pixabay

Au moins 370 millions d'euros auraient été transférés illicitement en 2015 vers l’étranger via des opérations d’importations effectuées dans le cadre des dispositifs de l’ANSEJ, CNAC et ANGEM. Le Pr. Abderahmane Mebtoul, économiste et expert international, met plutôt en cause ‘’les grands projets‘’ conclus en ‘’gré à gré’’.

Selon un responsable au ministère des Finances, cité hier lundi 28 décembre par le quotidien El-Khabar, l’année 2015 se termine sur un échec de la stratégie du gouvernement en matière de lutte contre la fuite des capitaux. Une somme avoisinant les 370 millions d’euros aurait été transférée frauduleusement vers des banques européennes, arabes et asiatiques. Cette somme a été déboursée dans l’importation de "marchandises usées, ou d’une valeur commerciale nulle", a-t-il affirmé.

Il s’agit entre autres de "vieilles machines industrielles hors d’usage, ou des bric-à-brac qui ne servent qu’à encombrer les ports algériens, vu qu’ils finissent abandonnés par leurs importateurs." Selon la même source, "le phénomène des fuites de capitaux s’est accentué ces derniers mois. Ces fraudeurs se sont précipités à effectuer des opérations avant que les banques n’appliquent les nouvelles restrictions à l’importation, par la réduction des crédits documentaires."

Les mécanismes de soutien aux jeunes entrepreneurs sont à l’origine de la fuite de devises. Le même responsable souligne que "la majorité de ces transferts douteux a été effectuée dans le cadre des projets CNAC, ANSEJ et ANGEM, pour lesquels les pouvoirs publics ont débloqué un énorme budget", relevant que les banques -publiques et privés – jouent un rôle de facilitateur.

"Les banques publiques et privées, sont en grande partie responsables de ces transferts... car elles n’enquêtent pas sur la nature des opérations et sur leurs fonds". A ce sujet, le PDG de la Banque de développement local (BDL) M. Mohamed Krim avait souligné lors d’une conférence de presse au mois de novembre dernier que les banques algériennes ne sont nullement responsable de la fuite des capitaux, et "qu’il y a d’autres leviers à activer".

L’Algérie, un pays touché par la fuite de capitaux

Au mois de novembre dernier, le ministre du commerce avait jeté un pavé dans la mare en déclarant à la Radio Chaîne 3 que sur les 60 milliards de dollars d’importations en 2014, 18 milliards de dollars, soit 30%, ont fait l’objet de transferts illicites.

Contacté par Maghreb Emergent, le Pr. Metbtoul, expert économiste, estime par contre que "ce sont plutôt les grand projets (de gré à gré ou encore ceux dans le cadre de l’ANDI) qui sont à l’origine de la plus grande partie de la fuite de capitaux de l’Algérie vers l’étranger". Selon ce spécialiste, "les calculs sont simple à faire. Il suffit de voir la structure de l’économie nationale". Avant d’ajouter: "on se leurre si on croit vraiment à la déclaration de cette source", citée par le quotidien El Khabar-.

Le gouvernement algérien est très critiquable quant à la transparence financière. Selon le rapport ''Open Budget Survey 2015" du Think Tank International Budget Partnership, le gouvernement algérien est parmi les moins transparents en matière de gouvernance budgétaire, et occupe la 86ème place dans le classement de la transparence. Un facteur, qui, selon IBP, favorise la fuite des capitaux.

LIRE AUSSI: Le gouvernement algérien, 86e au classement sur la transparence, fournit "très peu d'informations budgétaires"

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.