04/12/2015 07h:29 CET | Actualisé 28/12/2015 06h:40 CET

Selon le rapport IBM, le Maroc figure parmi les destinations ayant créé le plus grand nombre d'emplois en 2014

Selon le rapport IBM, le Maroc figure parmi les destinations ayant créé le plus grand nombre d'emplois en 2014
Selon le rapport IBM, le Maroc figure parmi les destinations ayant créé le plus grand nombre d'emplois en 2014

Patsy Van hove, Strategic Location Consultant chez IBM Global Services, revient sur les points essentiels du "Global locations trends" - rapport publié par IBM le 15 septembre dernier - qui met en avant les dernières tendances en matière de sélection des places économiques mondiales. Elle nous dresse également un bilan de l’attractivité du Maroc dans le monde et nous renseigne sur les principaux défis que le royaume devra relever.

Pouvez-vous présenter le rapport IBM Global Location Trends IBM?

Plant Location International (IBM - PLI) est une division au sein d’IBM Global Business Services qui se spécialise en conseil en localisation pour les entreprises et en conseil en stratégies de développement économique. Chaque année IBM-PLI publie les tendances d’investissements étrangers dans son rapport Global Location Trends qui fournit les dernières perspectives sur la façon dont les industries développent leurs activités à travers le monde et les pays et régions qui bénéficient de ces implantations en termes de création d’emploi et de croissance économique.

Les Investissements à l’étranger sont en nette amélioration en 2014, comment expliquer cette reprise?

Il faut relativiser cette croissance et la positionner dans le contexte du ralentissement économique des dernières années: impactés par la crise économique, les investissements à l’international ont connu un ralentissement depuis 2010, avec bon nombre de projets suspendus ou différés à plus tard. En 2014 les activités des investisseurs au niveau mondial reprennent modérément, avec une croissance de 6% tant en termes de projets annoncés qu’en termes de nouveaux empois associés à ces projets.

Quels sont les principaux indicateurs analysés dans le rapport IBM?

Notre analyse se focalise principalement sur la création d’emplois qui, selon nous, reflète au mieux les choix en localisation des entreprises et les implications régionales sur le développement économique. Nous mesurons également dans notre rapport la création d’emploi relative à la taille de l’économie, et la valeur ajoutée et le niveau de connaissances qu’apportent les projets dans les lieux d’implantation.

Quelles conclusions pouvons-nous tirer sur la position de l’Afrique?

L’Afrique a connu le même ralentissement que nous avons observé mondialement depuis la crise économique. En 2014, l’Afrique a connu une nette amélioration des investissements étrangers, où le retour à la croissance était le plus prononcé dans les pays de l’Afrique du nord, tels que le Maroc et l’Egypte.

Quels sont les principaux déterminants ou moteurs de l’investissement en Afrique?

On peut classifier les projets d’investissement par catégorie, selon les principaux motifs d’investir. Tout d’abord il y a les projets qui se font pour accéder à un marché local ou régional, comme par exemple l’agro-alimentaire, le secteur automobile ou le tourisme. Pour de tels secteurs, l’Afrique présente un énorme marché en croissance à desservir.

Ensuite il y a les projets qui sont motivés par l’accès à des ressources, que ce soit des ressources naturelles (pertinentes pour les secteurs miniers et minéraux par exemple), ou des ressources humaines, afin de pouvoir bénéficier de compétences et talents locaux. C’est notamment le cas dans le domaine des TIC ou des services aux entreprises.

Finalement il y a des investissements qui sont principalement orientés par l’efficacité et la réduction des coûts, où l’Afrique se positionne également bien en comparaison avec d’autres continents où les coûts de la main d’œuvre sont nettement plus importants.

Si nous analysons de plus près les secteurs qui ont généré le plus d’emploi en Afrique ces dernières années, nous retrouvons dans notre rapport les secteurs suivants: le secteur de tourisme qui a connu la plus grande croissance, les secteurs industriels dominants comprenant les équipements de transport, la chimie et l’agro-alimentaire, et le secteur des services aux entreprises et des TIC qui démontrent également une confiance accrue des investisseurs dans la compétence de la main d’œuvre africaine.

Plus particulièrement, le Maroc?

D’après notre rapport, le Maroc a réalisé une belle performance en 2014, figurant parmi les destinations ayant créé le plus grand nombre d’emplois suite à des investissements étrangers. Avec plus de 18.000 emplois créés (ou près de 2% des nouveaux emplois annoncés à travers le monde entier) le Maroc figure en 12ème position et représente ainsi le seul pays du Moyen-Orient et de l’Afrique à occuper le top 20 mondial.

Quels sont les secteurs qui ont suscité le plus et le moins d’investissements ces dernières années au Maroc?

Au Maroc plus de deux tiers des emplois annoncés par les investisseurs internationaux ces dernières années sont liés à des activités de production, génératrices d’un nombre important de postes de travail. Près de 50% des emplois se situent dans le domaine de l’équipement de transport, où il est intéressant de noter que lorsque le secteur automobile ces trois dernières années est en recul par rapport aux années précédentes, l’aérospatiale connait une forte croissance, de même que les équipements électriques, (souvent au service de l’industrie du transport), et l’industrie chimique.

En raison de l’établissement de multiples grands hôtels, le secteur du tourisme représente 15% des emplois annoncés au Maroc depuis 2011. Le secteur des services aux entreprises est responsable de 10% des emplois générés par les investisseurs internationaux, notamment grâce à l’implantation de plusieurs centres d’appel qui emploient des compétences multilingues, couvrant souvent le marché de l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Quels sont selon vous, les principaux défis que devra relever le Royaume?

En me basant sur notre rapport, je peux affirmer que les résultats que le Maroc a obtenus l’année dernière constituent un message très positif qui illustre l’attractivité du pays aux yeux des investisseurs, et démontrent que les défis qui freinaient les investissements lors de la dernière demi-décennie ont été surmontés. La stabilité du Maroc et le climat économique favorable ont contribué à regagner la confiance des investisseurs. Les principales faiblesses perçues par les investisseurs sont liées à la lenteur des procédures et des processus d’établissement, ainsi que la complexité du système légal. Il s’agit là de faiblesses qui ont également été identifiées par le gouvernement du Maroc, qui a lancé des stratégies de réforme afin de développer un environnement plus favorable aux entreprises.