MAROC
27/12/2015 11h:10 CET | Actualisé 27/12/2015 11h:12 CET

Maroc: Des associations appellent à la création d'un gendarme de l'habitat et de l'urbanisme

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URBANISME - Des acteurs de la société civile appellent à la création d’un gendarme de l’habitat et de l’urbanisme, à l’image de l’ANRT pour les télécommunications, la HACA pour l’audiovisuel ou encore le CDVM pour la Bourse.

C’est ce qui ressort d’une rencontre organisée le 26 décembre à Casablanca par le Réseau marocain pour le logement décent, fondée en 2013 pour lutter contre la construction des bidonvilles et la spéculation immobilière et foncière.

Ainsi, les intervenants ont insisté sur l’importance de créer ce "Haut conseil de l’habitat et de l’urbanisme" pour “mettre de l’ordre dans le secteur de l’immobilier”.

"Contrecarrer la spéculation"

“L’installation de cette institution permettrait d’avoir un seul interlocuteur et donc un seul responsable. Son rôle serait d’instaurer des normes de qualité dans les constructions, notamment l’habitat social qui souffre de plusieurs dysfonctionnements (…) Elle pourrait aussi contrecarrer la spéculation immobilière et foncière”, souligne Abdellah Allali, président du Réseau marocain pour le logement décent.

Et d’ajouter que "tous les citoyens ont droit à un logement décent sans avoir à s’endetter ou à s’exiler dans les zones périphériques".

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Même son de cloche chez Choumicha Riaha, présidente de la commission régionale du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), section Casa-Settat: “Le logement n’est pas un ensemble de murs mais un droit international qui garantit la sécurité, l’intimité et la dignité ».

Délogement forcé

Autre point abordé lors de la rencontre: le "délogement forcé" et "l’expropriation des maisons menaçant ruine". Pour Younes Ouhalou, chercheur en droit international, l’État ne devrait pas déloger un habitant que s’il dispose d’un jugement du tribunal et présente une alternative. Une procédure "adoptée dans plusieurs pays", selon lui.

Seul bémol: "le projet de loi sur les habitations menaçant ruine risque au contraire d’encourager la politique d’expropriation puisque la décision reviendra à la commune urbaine, selon ce texte de loi", estime Younes Ouhalou.

Dans sa mouture actuelle, le projet de loi confère en effet à une commission chapeautée par la commune urbaine le droit d’expropriation.

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