ALGÉRIE
27/12/2015 03h:17 CET | Actualisé 27/12/2015 04h:05 CET

Hassan Aribi remet Khelil au cœur de la guerre des clans: "Je vous dis ce que le général Toufik m'a dit.." (VIDÉO)

Le député islamiste du Front de la justice et du développement, Hassan Aribi a rencontré le général de corps d'armée, Mohamed Médiene, dit Toufik, après sa mise à la retraite, lors d'une visite à l'occasion de l'Aïd.

L'ancien patron des services de renseignement qui "n'a peur de personne", a-t-il affirmé, lui a fait des confidences qu'il s'est chargé de divulguer sur la chaîne Beur-TV.

L'affaire Chakib Khelil, "l'ami du président", "l’ami de la famille du président", comme l’a souligné avec insistance le député, est au centre des dissensions au sein du pouvoir qui ont conduit à la disgrâce de Toufik alors qu’il a accompagné Bouteflika durant les trois premiers mandats.

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Les propos de Hassan Aribi semble être une riposte du l'ancien chef du DRS objet d'attaques virulentes de la part de Amar Saadani qui a qualifié sa sortie au sujet du général Hassan de "lettre du noyé" et la charge du député Tliba sur Ennahar Tv mettant en cause sa compétence.

Hassan Aribi a-t-il été mandaté par l'ancien chef des services de renseignements pour apporter cette "mise au point" qui est une mise en cause directe du cercle présidentiel sur le dossier de la corruption ?

Le député islamiste ne le dit pas expressément mais son insistance à répéter, la formule "je vous dis ce que m’a dit le général Toufik à la lettre (bel harf al wahed) " le laisse entendre d’autant que M.Amar Saadani continue de défendre l’ancien ministre de l’énergie.

De fait, après une première lettre consacrée strictement au cas du général Hassan qui a fait des vagues au sein du pouvoir, le second message de l'ancien patron des services de renseignement explique que ses difficultés au sein du régime et sa "disgrâce" sont directement liées aux enquêtes menées par le Département du Renseignement et de la sécurité (DRS) sur l'ancien ministre de l'énergie, Chakib Khelil.

Le dossier Khelil

"Le général Toufik qui était le patron directeur des services a présenté un dossier que les algériens connaissent à savoir que Chakib Khelil est impliqué dans la corruption. Chakib Khelil est l'ami du président, il l'ami de la famille du président. Je pense que le limogeage de Toufik n'est pas dû à sa compétence ou parce qu'il a commis une erreur.

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Il a été limogé car il a présenté la preuve formelle que Chakib Khelil est impliqué dans le pillage des ressources du peuple algérien. A partir de là, sont venues les réactions des hommes du président et des hommes qui sont derrière le président, des hommes de l'ombre qui gèrent les affaires du pays sans être mandatés ou élus par le peuple algérien. Ce sont ceux-là qui ont limogé Toufik" a déclaré le député.

"Je vous dis ce que m’a dit le général Toufik après son limogeage (…? Il m’a dit que Chakib Khelil avait transféré 198 millions de dollars vers un seul compte, soit, ô peuple Algérien, 2300 milliards de centimes au cours du marché noir. Le général Toufik m'a dit qu'il a été surpris d'apprendre l'existence de ce montant énorme sur un seul compte. Sans ajouter les comptes de sa femme, de son fils et de celui de Farid Bedjaoui".

Hassan Aribi, ajoute que le général Toufik lui a dit qu'il "considérait le pétrole algérien comme le sang des martyrs et qu'il avait fait un rapport détaillé sur l'affaire. Au lieu qu'on arrête cet homme (Khelil – ndlr) et que l'on récupère l'argent qu'il a volé, le voilà qui se la coule douce aux Etats-Unis. Il se fait même inviter à l'ambassade d'Algérie à Washington. Je ne comprends pas pourquoi on invite cet individu après ce crime contre l'Algérie".

Hassan Aribi a indiqué également que le général Toufik a défendu le général Hassan. "Il m’a dit : "ce général travaillait sous mon autorité et ma responsabilité et j'étais au courant de tout ce qu'il a fait".

"L’hôtel de Ali Haddad à Barcelone, comment a-t-il payé ? "

"Il m'a dit également avoir écrit au président de la république au sujet du général Hassan mais qu'il n'a pas eu de réponse : "Je lui ai dit (dans cette lettre) que s'il y a des accusations contre le général Hassan, il faudra me les adresser à moi, personnellement".

Hassan Aribi a, au cours de l'émission, vivement attaqué l'homme d'affaires et président du Forum des chefs d'entreprises (FCE) Ali Haddad qui se permet de "donner des ordres aux walis".

Ali Haddad, a-t-il dit, "a acquis un hôtel à Barcelone pour la somme de 80 millions d'euros. Nous voulons savoir comment il a fait pour le payer sachant que la règlementation actuelle ne permet pas un transfert vers l'étranger. Si M.Haddad a des affaires à l'étranger qui lui permettent un tel achat, cela serait normal, mais pour le transfert à partir de l'Algérie, cela ne l'est pas".

Pour Hassan Aribi, le souci "louable" de diversifier l'économie ne doit pas se faire au profit de certaines personnes au détriment des autres. Il accuse le pouvoir de favoriser Ali Haddad au détriment des autres. "Tous le pouvoir soutien Haddad" a-t-il affirmé en accusant le FCE de se "comporter en parti politique et de faire de la politique".

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