ALGÉRIE
26/12/2015 02h:32 CET | Actualisé 26/12/2015 03h:02 CET

France: une salle de prière musulmane saccagée à Ajaccio (Corse)

corse salle de priere

CORSE - Des manifestants ont saccagé vendredi 25 décembre à Ajaccio une salle de prière musulmane et tenté de mettre le feu à des exemplaires du Coran, à proximité d'une cité où deux pompiers et un policier avaient été blessés la nuit précédente dans des échauffourées, a-t-on appris auprès de la police et de la préfecture.

En marge d'un rassemblement de quelque 250 à 300 personnes dans les Jardins de l'Empereur, la cité où les échauffourées ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, un petit groupe a fracturé la porte vitrée d'une salle de prière musulmane et l'a saccagée, a-t-on précisé de mêmes sources. Ils en ont sorti de nombreux livres, dont des exemplaires du Coran, auxquels ils ont tenté de mettre le feu, sans parvenir toutefois à les brûler entièrement, a-t-on ajouté.

Le Premier ministre Manuel Valls a immédiatement réagi en condamnant une "profanation inacceptable".

Bernard Cazeneuve a également condamné vendredi soir l'agression de pompiers et policiers à Ajaccio ainsi que le saccage d'un lieu de culte musulman, "exactions intolérables aux relents de racisme et de xénophobie".

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur a souhaité que les auteurs de l'agression contre les sapeurs-pompiers et policiers soient "interpellés dans les meilleurs délais" et également que toute la lumière soit faite sur les dégradations commises dans une salle de prières musulmane, exactions qui "portent atteinte aux valeurs mêmes de la République".

Quelque 600 personnes s'étaient rassemblées dans le calme vers 16h vendredi devant la préfecture à Ajaccio, en soutien aux pompiers et au policier blessés dans la nuit de jeudi à vendredi dans la cité des Jardins de l'Empereur, a constaté une correspondante de l'AFP. Quelque 250 à 300 d'entre elles se sont ensuite rendues dans le quartier où les échauffourées avaient eu lieu dans la nuit.

Dans ce quartier populaire, sur les hauteurs d'Ajaccio, ces personnes, encadrées par des policiers déployés pour maintenir le calme, ont cherché à identifier les auteurs des violences de la nuit, aux cris de "On est chez nous!" ou "Arabi fora (les Arabes dehors)!", a constaté la correspondante de l'AFP.

C'est dans cette ambiance tendue qu'une salle de prière musulmane a été saccagée et des exemplaires du Coran ont été partiellement brûlés. Le préfet de Corse, Christophe Mirmand, s'est rendu dans la cité, a constaté la correspondante de l'AFP. Interpellé par les manifestants, il a déclaré être présent "pour éviter des débordements". Assurant que "tous les moyens étaient mis en œuvre" pour retrouver les auteurs de l'agression de la nuit de jeudi à vendredi, il a aussi estimé que les "menaces de ce soir (vendredi soir, ndlr) n'étaient pas acceptables".

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