ALGÉRIE
26/12/2015 04h:10 CET | Actualisé 26/12/2015 06h:49 CET

Climat: "Plus personne aujourd'hui ne conteste l'urgence à agir" Gilles Luneau sur Radio M (VIDÉO)

La grande nouveauté de cette 21e Conférence sur le Climat, tenue à Paris du 30 au 12 décembre, est la reconnaissance du réchauffement climatique et de son ampleur, a commenté Gilles Luneau, journaliste français spécialiste du climat, invité de l'émission “L’entretien” de la webradio Radio M.

La grande différence de la COP21 avec les précédentes conférences sur le climat est le “changement d’état d’esprit de tous les camps (Etats riches, Etats en développement, les ONG, et les lobbys pétroliers)”, relève le journaliste.

Mis à part les quelques mauvais élèves à l’image du Venezuela et l’Arabie Saoudite, Gilles Luneau estime qu’il y a eu l’émergence d’une bonne volonté de la part de tous les Etats. “ Aucun pays ne conteste aujourd’hui le réchauffement climatique, son ampleur et l’urgence à agir ”, estime-t-il.

Après une année de préparation "tous les pays sont venus avec leurs engagements" pour que chacun contribue à diminuer l’émission de dioxyde de carbone, dans l’objectif de ‘’quitter l’énergie fossile avant 2050 ”, explique le spécialiste des questions climatiques.

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Sauter la case pétrole

Pour les pays du Sud cette prise de conscience devrait se traduire par la volonté de surpasser "la case industrielle pétrolée-charbonnée pour aller directement vers les énergies renouvelables".

Toutefois, cette étape ne peut se faire sans l’aide d’un transfert de technologie et d’assistance de la part des pays riches, estiment les états en développement. C’est dans ce sens qu’a été créé le Fond vert d’ un milliard de dollars.

Ce Fonds est destiné à soutenir les efforts des pays qui n’ont pas les moyens pour s’adapter au changement climatique détaille Gilles Luneau. Il est composé de deux volets : un volet d’atténuation qui concerne tout ce qui est transition énergétique et un volet d’adaptation relevant des politiques publiques telles que la reconstruction des immeubles, routes et ponts pour cause de montée des eaux.

Des conséquences climatiques déjà observables au Maghreb

La montée des eaux de la mer ne menace pas uniquement les îles, elle concerne déjà la ville d’Alger, observe Gilles Luneau.

"J’ai appris qu’un petit bout d’un quartier d’Alger avait déjà les pieds dans l’eau et que très discrètement on a commencé à reconstruire ailleurs”, souligne-t-il.

La montée des eaux toucherait aussi, selon le site de projection, une nappe phréatique du Sahara, située entre l’Algérie et la Tunisie. "J’ai découvert ça (la remonté du niveau de la nappe phréatique) en préparant la formation pour les confrères journalistes Algériens… Il faudrait à présent creuser la question du pourquoi avec les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) “ pour avoir des données plus précises ”.

L’accord Union Européenne/Maroc annulé par la justice européenne

L’ami et collègue du député européen José Bové est revenu en fin d’émission sur la récente décision de la Cour européenne de Justice d’annuler l’accord de libre échange entre l’Union européenne et le royaume du Maroc.

Après deux ans de bataille de la part du député écologiste qui contestait l’inclusion dans l’accord du Sahara occidental toujours sous un statut de protection de l’ONU, "la cour européenne de justice a annulé l’accord pour vice de forme". L’information a été peu reprise par les médias sur Global Magazine, le journal en ligne fondé par Gilles Luneau.

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