MAROC
24/12/2015 09h:10 CET | Actualisé 24/12/2015 09h:13 CET

Le Conseil des oulémas présente le bilan de ses activités à Mohammed VI

Au Maroc, l'année 2015 a été celle de la promotion d'un islam tolérant
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Au Maroc, l'année 2015 a été celle de la promotion d'un islam tolérant

RELIGION - Comme chaque année à l’occasion de la commémoration de Aïd Al-Mawlid, le Conseil supérieur des oulémas (théologiens de l’Islam, ndlr) a présenté le bilan de ses activités au roi Mohammed VI, lors d’une veillée religieuse à la mosquée Hassan II à Casablanca, mercredi au soir.

Adoption d'un discours de modération et de tolérance, émission d’une fatwa sur le djihad au lendemain des attentats de Paris, modernisation de l’éducation religieuse, lancement d’une fondation pour la promotion d’un islam tolérant en Afrique…Plus que jamais, le Maroc se positionne en maillon fort dans la lutte contre l’extrémisme religieux.

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Et c’est le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, qui a présenté au roi les principales réalisations de l’institution dont la mission est d'appuyer la politique religieuse musulmane du Maroc.

"L'année 2015 a été marquée par la création de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains, la publication du dahir portant augmentation du nombre de Alimates (théologiennes) au sein des conseils des oulémas et l'émission par le Conseil supérieur des oulémas d'une fatwa expliquant le jihad", a d'emblée souligné le ministre.

Parité, fatwa expliquant le jihad, formation...

En juillet dernier, le Maroc avait en effet annoncé la création de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains, une "instance destinée à unifier et coordonner les efforts des oulémas musulmans au Maroc et dans les autres États africains" et de "faire connaître les valeurs de l'islam tolérant".

Pour ce qui est de l’augmentation du nombre de théologiennes au sein des conseils des oulémas, ce chantier avait en réalité été lancé en 2003 par le roi Mohammed VI, par "souci d’équité à leur égard et d’égalité entre l’homme et la femme".

Sur le front dans la lutte contre l’extrémisme, le Conseil supérieur des oulémas avait, au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris, clarifié dans une fatwa," ce qui est réellement le jihad en islam et ce qui ne l’est pas et relève du terrorisme, de l’agression, de la terreur et du massacre d’âmes innocentes, actes formellement bannis par la religion islamique".

"N’attaquez pas, Dieu n’aime pas ceux qui attaquent" et "Celui qui tuerait un homme non coupable d’un meurtre ou un délit sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes". C’est sur ces deux versets coraniques que s’était basé le conseil pour balayer d’un revers de main les amalgames.

Qu’en est-il de l’éducation religieuse ? Ahmed Toufiq a mis en lumière "l'encadrement assuré par l'intermédiaire des oulémas, l'adoption d'un discours de modération et de tolérance, l’organisation de sessions de formation continue dans les mosquées au profit de 45.000 imams et la réorganisation de l'université Al Quaraouiyine qui permet au Maroc de jouer un rôle crucial dans la promotion des valeurs de l'islam à travers le monde".

Dernier point évoqué par le ministre: "l'entrée en vigueur du dahir relatif aux préposés religieux", qui constitue un tournant dans le processus de régulation de la chose religieuse au Maroc.