MAROC
22/12/2015 13h:34 CET

Bouchra Baibanou à la conquête des toits du monde

Bouchra Baibanou à la conquête des toits du monde
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Bouchra Baibanou à la conquête des toits du monde

ALPINISME - Nouveau challenge en perspective pour Bouchra Baibanou, qui vient de gravir le plus haut sommet d'Océanie. Cette mère de famille marocaine, ingénieur de profession, s'apprête à monter en haut de l'Everest (8.850 mètres) au printemps 2016. Une nouvelle ascension qui sera l'avant-dernière étape de son pari lancé il y a cinq ans: gravir les sept plus hauts sommets du monde.

Cette passion pour la montagne n'est pas récente. Petite, alors que Bouchra est en colonie de vacances, elle découvre la randonnée. "Après cette première marche, j'ai voulu recommencer, et j'ai décidé de gravir le mont Toubkal au Maroc", nous confie l'aventurière. Une première expérience qu'elle ne cessera de renouveler, jusqu'à grimper en 2011 en haut du Kilimandjaro en Tanzanie, le plus haut sommet d'Afrique, qui culmine à 5.995 mètres.

Prise dans une tempête de neige...

Un an plus tard, c'est en Europe que la marcheuse se lance, pour atteindre les 5.642 mètres de l'Elbrouz dans le Caucase russe. Puis direction l'Amérique du Sud et les 6.962 mètres de l'Aconcagua, point culminant de la cordillère des Andes situé en Argentine, à quelques kilomètres de la frontière chilienne. Ce fut aussi l'un des pires souvenirs de la sportive, qui a été prise dans une tempête de neige et de vent, bloquant son groupe de randonneurs pendant trois jours.

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Qu'à cela ne tienne. Bouchra a poursuivi sa conquête des toits du monde, et c'est au mont Denali, qui culmine à 6.194 mètres d'altitude en Alaska aux Etats-Unis, qu'elle s'est attaquée en 2014. Fin novembre 2015, Bouchra a franchi son cinquième sommet, le Puncak Jaya, ou pyramide Carstensz, situé sur l'île de Nouvelle-Guinée et qui culmine à 4.884 mètres. "C'est là où j'ai fait l'une des plus belles rencontres de ma vie, avec une tribu primitive. Les voir vivre à moitié nus, en toute simplicité, et être heureux m'a beaucoup touchée", raconte-t-elle.

Des sacrifices pour vivre de sa passion

Pour vivre sa passion, cette mère d'une fille de dix ans avoue devoir faire des sacrifices en s'absentant régulièrement pendant de longue périodes. "Généralement, les expéditions durent trois semaines, mais pour l'Everest, j'ai prévu de partir deux mois, entre avril et mai 2016", explique-t-elle. "Heureusement, j'ai le soutien de mon mari et de ma famille, qui me poussent à faire ce que je fais", ajoute-t-elle. Si elle finançait d'abord ses voyages avec ses propres deniers, Bouchra Baibanou a ensuite obtenu l'aide financière de plusieurs sponsors qui lui permettent de partir.

En 2009, elle a aussi créé une association, Delta Evasion, pour partager sa passion et organiser des randonnées au Maroc tout en favorisant le développement des populations locales en menant plusieurs actions caritatives. Une activité qu'elle compte développer après avoir terminé son challenge.

"Je continuerai à marcher, mais je souhaite partager encore plus mon expérience, ma stratégie de réussite", nous confie-t-elle. L'aventurière s'apprête ainsi à écrire un livre sur ses exploits, et "pourquoi pas ouvrir une agence de voyages spécialisée dans ce type d'aventures, pour sortir du schéma touristique traditionnel", conclut-elle.

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