MAGHREB
20/12/2015 13h:43 CET | Actualisé 20/12/2015 14h:31 CET

Tunisie: Le ministre de l'Education contre l'incarcération des jeunes consommateurs de cannabis

Facebook/Jalloul

Le ministre de l'Education, Néji Jalloul, a critiqué la loi n°52 prévoyant une peine d'emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende de 1000 à 3000 dinars pour "tout consommateur ou détenteur à usage de consommation personnelle de plantes ou de matières stupéfiantes", se prononçant pour des mesures préventives.

"Je me demande pourquoi l'on punit des jeunes par un an de prison quand ils ont consommé du cannabis", s'est interrogé M. Jalloul lorsqu'il a été questionné sur cette loi controversée, dans un entretien publié dimanche dans le journal arabophone tunisien Le Maghreb.

"Il ne faut pas que le traitement de ce sujet soit politique parce que beaucoup de jeunes sont mis dans la balance. Il ne faut pas punir les jeunes par la prison, ce n'est pas dans leur intérêt", a-t-il ajouté.

Cette loi, en vertu de laquelle est détenu un tiers de la population carcérale, est de plus en plus critiquée par des associations de la société civile qui la jugent "anticonstitutionnelle". Pour le ministre de l'Education, une solution alternative devrait être plus préventive que répressive:

"Je suis pour le suivi psychologique des consommateurs. Je suis pour qu'on ne les punisse pas la première fois, la deuxième fois et la troisième fois et je suis pour punir fermement les trafiquants. Il faut prévenir et sensibiliser les jeunes au sujet des drogues dures et montrer que le passage de la consommation du cannabis à celle des drogues dures peut être facile", a-t-il affirmé.

Le 8 décembre dernier, trois artistes, Fakhri El-Ghezal, Atef Maatallah et Ala Eddine Slim, ont été condamnés pour un an de prison et devront payer la somme de 1000 dinars chacun, pour consommation de stupéfiants.. Quelques jours auparavant, deux autres jeunes, Adnène Meddeb et Amine Mabrouk, avaient été arrêtés pour le même motif. Ces arrestations ont provoqué l'indignation de plusieurs artistes, militants et collectifs citoyens tels que, "Al Sajin 52" ("Le Prisonnier 52"), qui considère que cette loi est un prétexte pour faire taire les artistes critiques envers les forces de l'ordre.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.