MAROC
18/12/2015 11h:52 CET | Actualisé 18/12/2015 13h:38 CET

"Djihad", la pièce de théâtre d'Ismaël Saïdi, trouve un nouvel écho depuis les attentats de Paris

"Djihad", la pièce de théâtre d'Ismaël Saidi, trouve un nouvel écho depuis les attentats de Paris
HMI
"Djihad", la pièce de théâtre d'Ismaël Saidi, trouve un nouvel écho depuis les attentats de Paris

THÉÂTRE - Un an après la première représentation, la pièce de théâtre "Djihad" du belgo-marocain Ismaël Saïdi trouve un écho particulier depuis les attentats de Paris du 13 novembre.

La tragi-comédie met en scène trois jeunes Bruxellois qui décident de partir en Syrie au nom de l'islam, pour se battre aux côtés des autres combattants djihadistes. Un reportage sur les dessous de la pièce sera diffusé ce dimanche 20 décembre dans l'émission "L'Effet papillon" sur Canal+.

Programmée dans de nombreux théâtres belges depuis 2014, "Djihad" a été reconnue d'utilité publique en Belgique par la ministre de la Culture. Des milliers d'élèves ont déjà pu voir la pièce, et des représentations sont programmées jusqu'en mai 2016.

"Comprendre pour ne pas que ça se reproduise"

Un succès qui répond sans doute au besoin des spectateurs de comprendre le phénomène du départ de milliers de jeunes vers la Syrie, venus gonfler les rangs de Daech depuis le début de la guerre. C'est autour de cette question du départ des jeunes Européens qu'Ismaël Saïdi fait tourner sa pièce.

En janvier dernier, quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo, le réalisateur d'origine tangéroise confiait ainsi au HuffPost Maroc que l'idée d'écrire cette pièce lui était venue après une déclaration de Marine Le Pen, la présidente du Front National, parti français d'extrême droite.

"Un soir, je l'ai vue déclarer: 'ça ne me dérange pas du tout que les jihadistes partent, mon problème, c'est qu'ils reviennent.' J'ai été choqué par cette déclaration. Moi, ce qui me dérange, c'est qu'ils partent!", expliquait-il, se demandant ce qui faisait qu'un homme qui est né et a grandi à Bruxelles, a fréquenté les mêmes bars ou salles de cinéma que lui, puisse partir. "Rien ne justifie ce qu'ils ont fait, mais une fois que l'émotion est passée, il faut comprendre ce qu'ils ont vécu pour ne pas que ça se reproduise".

Pour rappel, la plupart des auteurs et complices présumés des attentats perpétrés à Paris qui ont fait 130 victimes il y a un mois sont des Belges ou Français d'origine marocaine, ayant grandi à Bruxelles ou en France.

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