MAGHREB
17/12/2015 12h:36 CET

Tunisie, 17 décembre 2010 - 17 décembre 2015: Cinq années en 5 chiffres

Flickr/Amine Ghrabi

Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010. Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de 26 ans, s’immole par le feu pour protester contre sa condition sociale. Ce fut l’acte déclencheur d’un mouvement de contestations contre le régime en place qui dépassera Sidi Bouzid, pour atteindre toute la Tunisie puis plusieurs pays du monde arabe.

Le HuffPost Tunisie revient sur 5 chiffres clés, 5 ans après la révolution tunisienne:

5 présidents de la République

Décembre 2010, la Tunisie est encore sous le régime de Ben Ali. La contestation s’étend sur tout le pays et presque un mois plus tard, le 14 janvier 2011, Ben Ali quitte la Tunisie pour l’Arabie Saoudite. Son Premier ministre Mohamed Ghannouchi annonce dans une allocution télévisée la vacance provisoire du pouvoir et accède au poste de président de la République en vertu de l’article 56 de la Constitution. Cela durera moins de 24 heures. Samedi 15 janvier 2011, il annonce que le retour de Ben Ali en Tunisie n’est plus envisageable et la vacance du pouvoir n’est plus considérée comme provisoire. Passage donc à l’article 57 de la Constitution: Fouad Mbazaa, président du Parlement, devient président de la République.

Dix mois plus tard, des élections sont organisées. Le parti Ennahdha remporte une majorité relative et s’allie aux partis Ettakatol et au Congrès pour la République pour constituer une troïka et se partager le pouvoir. Moncef Marzouki devient alors président de la République le 13 décembre 2011.

La nouvelle Constitution tunisienne adoptée le 26 janvier 2014 lança la course à la première élection présidentielle au suffrage universel, libre et démocratique du pays, pour laquelle 27 candidats sont en lice.

Le 21 décembre 2014, la Tunisie élit un nouveau président: Béji Caid Essebsi qui l'emporte face à Moncef Marzouki, président sortant, avec 55,68% des voix. Il prendra officiellement ses fonctions le 31 décembre 2014.

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7 gouvernements et 5 Premiers ministres

Depuis décembre 2010, le pays a vu le passage de 6 gouvernements. Le dernier gouvernement sous Ben Ali a été dirigé par Mohamed Ghannouchi. Tombé le 14 janvier 2011, le même Premier ministre a dirigé deux gouvernements dit d’union nationale sous Fouad Mbazaa, un premier cabinet fort contesté à cause de la présence de ministres du RCD du 15 au 17 janvier, et un second du 17 au 27 février, date à laquelle Mohamed Ghannouchi a été contraint de démissionner sous la pression populaire.

Béji Caïd Essebsi prend la relève et dirige un nouveau gouvernement du 27 février au 24 décembre. Hamadi Jebali, dirigeant du mouvement islamiste Ennahdha, lui succède au lendemain des élections du 23 octobre.

Le 8 mars 2013, un mois après l’assassinat de Chokri Belaïd, Hamadi Jebali, qui n’arrive pas à former un gouvernement de technocrates, faisant face au veto de son parti, décide de démissionner. Le ministre de l’Intérieur Ali Laârayedh est alors nommé par Ennahdha pour remplacer Jebali.

Après l'assassinat de Mohamed Brahmi, se forme le dialogue national. Sous la pression de ce dernier, Ali Laârayedh présente sa démission. Un consensus se forme afin de nommer Mehdi Jomâa, alors ministre de l'industrie à la tête du gouvernement. Ce qui sera fait le 29 janvier 2014.

Conduisant un gouvernement apolitique composé de technocrates, il parvient à organiser les élections présidentielles et législatives de 2014.

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Après les élections, le président de la République nouvellement élu, Beji Caid Essebsi chargera, le 5 janvier 2015, Habib Essid de former un gouvernement.

Le 5 février 2015, l'Assemblée des Représentants du Peuple vote la confiance au gouvernement présenté par Habib Essid, faisant de celui-ci le 7eme gouvernement depuis la révolution.

2 assassinats politiques, 3 attentats majeurs

Le 6 février 2013, l'un des leaders de l’opposition, Chokri Belaïd, est assassiné devant chez lui. Ce sera le premier assassinat politique depuis la chute de Ben Ali deux ans plus tôt. Cinq mois plus tard, le député d’opposition Mohamed Brahmi est abattu lui aussi devant son domicile. Le ministère de l’Intérieur attribue les deux assassinats à la mouvance jihadiste.

Plus de deux ans après les faits, la lumière n'a toujours pas été faite sur ces assassinats.

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La Tunisie a connue 3 attentats majeurs, tous en 2015.

Le 18 mars 2015, une attaque armée au musée du Bardo cause la mort de 22 personnes et en blesse 45.

Trois mois, plus tard, le 26 juin 2015, un terroriste pénètre à l'intérieur d'un hôtel au Port El Kantaoui, près de Sousse, faisant 39 morts et 39 blessés.

Le 24 novembre 2015, une attaque suicide contre un bus de la garde présidentielle, près de l'avenue Mohamed V à Tunis, fait 12 morts et 20 blessés.

Les trois attaques ont été revendiqués par l'État Islamique.

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1267 jours d'état d'urgence

Le 17 décembre 2010, au premiers jour du soulèvement populaire, l'état d'urgence avait été décrété par Ben Ali afin de réprimer les manifestations. Après son départ, le 14 janvier 2011, il est de nouveau décrété le 15 janvier 2011 sur l'ensemble du territoire tunisien.

Depuis, la Tunisie a vécue 3 années d'affilées sous état d'urgence: 2011, 2012 et 2013.

Levé le 6 mars 2014, il est à nouveau décrété à Douz dans le gouvernorat de Kébili pour 16 jours en mai 2014.

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Ce n'est qu'après l'attentat de Sousse, qu'il est à nouveau décrété par le président de la République le 04 juillet 2015 pour être levé le 02 octobre.

Près de deux mois de répit avant un quatrième état d'urgence instauré en 5 ans, suite à l'attentat de Tunis contre un bus de la garde présidentielle. Ce dernier, décrété le 24 novembre 2015 est toujours en vigueur.

1520 suicides ou tentatives de suicides

La révolution tunisienne a commencé par un suicide.

Entre le 1er janvier 2011 et le 17 décembre 2015, 1520 suicides ou tentatives de suicides ont été répertoriés sur l'ensemble du territoire tunisien.

D'après le ministère de l'Intérieur l'on recense 285 suicides en 2011 et 226 en 2012.

Ce chiffre grimpe à 304 en 2013 selon le ministère de la Santé de l'époque.

En 2014, 203 cas de suicides ou tentatives de suicides ont été recensés par le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES).

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L'année 2015 est l'année où le taux de suicide et de tentatives de suicides est le plus haut depuis la révolution. Entre janvier et novembre 2015, la FTDES recense 466 suicides ou tentatives de suicides.

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