17/12/2015 07h:44 CET | Actualisé 17/12/2015 07h:44 CET

Réforme des retraites: 2015, une année mi-figue mi-raisin

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RETRAITES - Epineuse, impérieuse et pressante, la réforme des caisses des retraites aura porté l'antagonisme social à son paroxysme entre le gouvernement d'une part et l'opposition et les syndicats de l'autre. Année de "vache maigre" ou de "grandes réalisations", 2015 aura été marquée par un débat houleux et un dialogue "sans issue" ayant opposé un Exécutif convaincu à une opposition frustrée.

C'est dire si là où le gouvernement voit de véritables progrès dans le processus de réforme des retraites, l'opposition et les syndicats trouvent improvisation et unilatéralisme.

Une situation de polarisation qui se voit accentuée par la volonté du gouvernement d'aller jusqu'au bout dans la réforme des retraites - principal point de discorde entre les deux parties - et la détermination des principales centrales syndicales à faire feu de tout bois pour contrecarrer ces mesures, telles que conçues par le gouvernement.

Dans un entretien à la MAP, le ministre de l'Emploi et des affaires sociales, Abdeslam Seddiki, a affirmé que "le gouvernement a adopté une approche participative, tout au long du processus de réforme des systèmes de retraite, basée sur la concertation et la consultation". Et le ministre d’ajouter que la réforme du système de retraits vise à "élargir la base des bénéficiaires des régimes de retraite". Une extension qui concernera « les professions libérales, le secteur informel, l'artisanat, l'agriculture, la pêche artisanale côtière et les coopératives".

Grogne des syndicats

Mais les principales centrales syndicales ne sont pas du même avis et fustigent des "approches unilatérales" qui sapent "les acquis de la classe ouvrière".

"Nous avons appelé à une grève générale le 10 décembre en réaction à la manière dont le gouvernement gère le dossier de la réforme de la retraite. Le gouvernement fait ses réformes sans impliquer les partenaires sociaux et ceci est contraire à la constitution de 2011", avait récemment indiqué au HuffPost Maroc Abderrahim Ikbal de l’Union marocaine du travail (UMT).

Interrogé par la MAP au sujet du bilan 2015 de la réforme des retraites, le secrétaire général de l’UMT Miloudi Moukharik, a évoqué "une année blanche" sur le plan social en général. L'UMT ne s'oppose pas à la réforme, mais elle est plutôt soucieuse de contrecarrer toute tentative d'appliquer des mesures réformistes au détriment des acquis et des intérêts des salariés.

L'UMT, qui a observé le 10 décembre une grève aux côtés de la Confédération démocratique du travail (CDT), l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et la Fédération démocratique du travail (FDT), recommande essentiellement de prendre en compte la pénibilité du travail, de faire en sorte que le prolongement de la durée du travail soit facultatif et que cette réforme englobe toutes les caisses, notamment dans le secteur public. "Le gouvernement n'en finit pas de violer les conventions et principes liés aux libertés syndicales, qui sont un droit constitutionnel", a estimé Moukharik.

Le gouvernement semble en tout cas déterminé à poursuivre sa réforme sociale dans sa globalité, au grand dam des syndicats qui avaient annoncé une série de sit-in et de protestations contre les approches du gouvernement. L'année 2016 s'annonce donc rude pour toutes parties sur le plan social, qui constituera certainement le cheval de bataille des prochaines échéances, notamment législatives.

Dans sa mouture actuelle, le projet de réforme devrait permettre de relever l’âge minimum de départ à la retraite de 60 à 63 ans, augmenter les cotisations et baisser les pensions de retraite.

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